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Le magnifique tombeau d'Izalguier où d'Izaurier dont parle l'auteur du Factum n'était-il pas celui dont il est fait mention au IVe tome des Institutions de la Ville de Toulouse , page 105°? « Dans cette > chapelle (du cloître de la Daurade), qui en renfermait trois autres, » On voyait le tombeau de plusieurs membres de l'ancienne famille » des Izalguier, et entr'autres celui qui était surmonté par la statue » de Raymond, l’un d’entre eux qualifié du titre de Co-seigneur de » Toulouse dans son testament du mois de mars 1348. » Puisqu’il existait à la Daurade une vaste chapelle qui en renfermait trois autres et dans laquelle on voyait le tombeau de plusieurs membres de la famille des Izalguier, ne peut-on pas admettre que la statue de
Clémence appartenait à l'un de ces tombeaux et qu’elle reposait là
auprès de ses aïeux ?
Ces rapprochements assez frappants se trouvent confirmés par les généalogies des familles.
Marguerite de Foix, petite-fille de Roger de Foix, seigneur d'Esclarmonde (ou Clémence), épousa Francois Izaiguier , fils de Pons Izalguier , seigneur de Castelnau d'Estre-Fonds. (Ansel., t. IT, p. 360 et 61.)
Ainsi, nous trouvons une seigneurie portant le nom d'Esclarmonde ou de Clémence appartenant au comte de Foix, et ce nom passant par Marguerite dans la maison des Izalguier.
Le nom d’Æsclarmonde où de Clémence se trouve encore mélé à la famille des Izalguier par un autre côté :
Catherine de Pardeiïlhan, héritière d'Esclarmonde (Clémence), épouse Jean d’Izalguier, seigneur de Fourquevaux. (Id., tom. V, p. 193.)
Nous avons dit plus haut qu'il existait une seigneurie d'Izaur ou dIzaut, située dans le pays de Comminges. L'existence de cette seigneurie nous est indiquée dans la généalogie des grands-officiers de la couronne.
Izabeau de Roche-Chouart, fille de Jean-Louis de Roche-Chouart et de Marie d'Izalguier, épousa Ogier de La Motte, seigneur d'Izaut (ou d'Izaur ).
(Id., tom. IV, p. 666.)
Nous convenons que les alliances que nous venons d'indiquer des maisons d'Esclarmonde et d'Izaut avec celle des Izalguier ont pu être postérieures à l’époque assignée à l'existence de dame Clé: mence, c'est-à-dire au commencement du quinzième siècle ; mais, quelle que soit l'époque de ces alliances, elles nous révèlent un fait de la plus haute importance, c’est qu'il a réellement existé deux seigneuries ou deux titres nobiliaires, l'un d’Esclarmonde où de Clémence (ces mots sont identiques), et l'autre d'Izaut où d'Izaur; le premier dépendant de la maison de Foix, et qu'ont porté les princesses de cette illustre race ( Hist. de Foix, t. 1, p. 230), le second, existant encore au pays de Comminges. Ainsi, les deux noms par lesquels se trouve désignée dans l’histoire la bienfaitrice des Jeux Floraux , CLÉMENCE et IsAuRE , se retrouvent dans nos contrées; ils ne sont donc pas des noms chimériques ou romanesques. Les alliances qu'ils ont produites dans la famille des Izalguier, quoique postérieures à l'existence de la bienfaitrice de nos Jeux, paraîtraient indiquer quelque alliance antérieure et confirmer les rapprochements assez frappants que nous avons signalés entre Clémence d’Izaur et les Izalguier.
Nous présentons toutes ces conjectures et ces recherches aux justes appréciations de nos lecteurs. Nous les verrons tomber avec plaisir, non pas devant des systèmes , des probabilités, de nouvelles conjectures et des suppositions, mais devant des ütres authentiques et précis qui excluent toute espèce de doute; qui ne soient pas simplement énoncés, quelque respectable que soit l'autorité qui les produise , mais dont les sources, formellement indiquées, puissent assurer la vérité des faits et l'autorité des témoignages.