A travers
puis fist grant occision de Tautre gent : et les François, qui en une tour s^estoient, fîst occire.
De la cause de la bataille que le roy fist contre le roy Alaric.
Le fort roy Clovis fist bataille contre le roy Alaric, qui roy estoit de Gotiens '. La raison fut pour ce que les Grots qui estoient corrompus de Ferésie ariene, avoient les Bourguignons soustenus contre lui : si avoient-ils jà saisi et pris de France dès Loire jusques aus mons de Pirene. Autre cause peut Ton enseigner pourquoi la bataille fut; car le fort roy Clovis avoit envoie au roy Alaric un sien message qui avoit nom Paterne, pour traitier de pals et d'autres choses, pour le profit des deux parties : si lui avoit mandé que il lui feist assavoir en quel lieu il voudroit que ils assemblassent et que le roy Alaric touchast à la barbe du fort roy Clovis, pour que il (Clovis) fust son fils adoptif, selon la coustume des anciens roy s. Quant le message fut là venu et il eut sa besoigne proposée, le roy Alaric respondi que il ne faudroit mie à son seigneur de parlement*. Paterne lui demanda s'il viendroit à peu de gent ou à plenté ; il respondit que il iroit à peu et privéement. Après il lui demanda s'ils iroient armés ou désarmés; il respondi qu'ils seroient tous désarmés et que les leur fussent aussi sans armes. Arrières retourna le message, au roy conta la volenté d' Alaric et conunent ils s'estoient accordés à venir au parlement. Le roy vint en Aquitaine, mais avant qu'il venist au lieu où le parlement devoit estre, il envola arrières Paterne, ledit message, pour savoir ae quel usage les Gotiens usoient et comment ils s'apareilloient à venir contre lui. Là vint le message : comme il parloit au roy Alaric, il senti et aperçut que il portoit en sa main une verge de fer, en lieu de baston, de telle quantité comme le contre^ppui d'un huis * : telle en portoit tous cens qui avec lui estoient. Paterne prist Alaric par la main et lui disi : < tu roy, que t'a mesfait mes sire et les François, que les cuides ainsi décevoir par ton malice et par ta traîson?» Le roy lui respondi que à ce ne pensoit-il pas et que nul mal n'i entendoit ; Paterne dit que si faisoit : paroles i eut et tençons : en