‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 12 sur 150 · Serg. Galba ImperaU August. très Galliae · texte numérisé non relu

Serg. Galba ImperaU August. très Galliae

elles furent subdivisées en sept provinces : la Germanique, la Belgique, la Lyonnaise, l'Âquitanique, la Narbonnaise, la Viennoise, les Alpes. Enfin dans la Notice des Gaules publiée par les Bénédictins on trouve la désignation de dix-sept provinces, de cent treize villes, cités ou municipes des Gaules *. Déjà sous Auguste, rien n'était pliis profondément romain que la Province (Provincia)^ c'est-à-dire la Gaule méridionale ; elle avait bien plus contribué que les expéditions de César à la pacification de la Gaule chevelue.

Rome victorieuse laissait à chaque peuple ses lois, sa religion, ses coutumes pourvu qu'on obéit à la puissance suprême de l'empire. Mais, ce qui ne s'explique que par la sève vigoureuse de ses institutions, c'est qu'inmiédiatement les peuples conquis adoptaient les habitudes romaines et s'assimilaient à sa civilisation : ainsi la langue latine se substitua à l'idiome celte, et les dieux de l'Olympe au Panthéon gaulois. Marseille n'échappait même pas à cette influence générale de Rome. La République tant vantée par Cicéron, cette sœur bien-aimée où les Romains allaient puiser la sagesse grecque et goûter la figue et le raisin suspendu à la vigne, était réunie à la Provincia et abdiquait sa liberté* .

Cette substitution de formes et d'idées tenait surtout au

1. « Notiti» veteres pro7incianim et civitatum Galliae. (Dom Bouquet, tome I, p. 122; tome II, p. 1 et 2.)

2. La renommée de Marseille était immense chez les Romains et mon patriotisme aime à le constater. Strabon dit : « ut dicendi studio pro athéniens! peregrinatione Massiliam amplecterentur. > (Strab., lib. IV, p. 81.)

Tacite en parlant d'Agricola:...» quod statim parvulus sedem ac magistram studiorum Massiliam habuerit, locum graeca comitate et provinciali parcimonia mistum ac bene compositum.» (Tacit., in Agricol., cap. iv.)

système des colonies militaires que Rome envoyait dans tous les pays de sa domination. Ainsi Arles était une colonie de la sixième légion {Colonia Arelate Sextanorum)^ Fréjus une colonie de la huitième légion : la deuxième légion avait fondé Orange (Colonia Aravsio Secundanorum), Cicéron disait de Narbonne : < C'est une colonie de nos citoyens, la sentinelle du peuple romain, une citadelle qui arrête et repousse les nations voisines*. » Les colonies se formaient à l'image de Ik métropole : Sénat, consuls, tribuns, juges, lois, système municipal, temple, spectacles. César avait la passion des colonies ; il en peuplait, pour ainsi dire, les Gaules et l'Espagne, où quatre-vingt mille l^ionnaires furent répartis comme cultivateurs ; il avait même formé le dessein d'en établir partout dans les provinces conquises. A la un du premier siècle, il était peu de cités, de bourgs même qui ne s'honorât du titre de muni^ cipeSj avec une magistrature élue : les décurions nommés par le peuple, un trésor particulier, des formes réglées par les lois '. Les municipes étaient gouvernés par la curie composée du corps entier des curiales ou décurions élus parmi les citoyens qui possédaient vingt-cinq jugerium (journaux) de terre. Les décurions nommaient les magistrats de la cité, les duumvirs les principaux curateurs et défenseurs chargés du gouvernement, de la perception de l'impôt, dignités qui devinrent ensuite de vaines ombres*.

1. •* Est in eadem provincia Narbo Marcius^, colonia nostrorum civium, specuU populi romani ac propugnaculum istis ipsis nationibua oppositum et objectum. » (Cicero, pro Fonteio,)

Page 1