‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 130 sur 150 · Flodoard, Hitt. eccles» Rem, y Ub. I, cap. x · texte numérisé non relu

Flodoard, Hitt. eccles» Rem, y Ub. I, cap. x

Laon. Rémi déploya toute son éloquence pour qu'un autre clerc lui fût préféré ; il ne réussit point ; Tacclamation devint plus bruyante. Rémi à peine était clerc, et néanmoins Tacclamation unanime du peuple le fit évêque.

Déjà saint Waast avait préparé Clovis au baptême ; quand le roi Tint à Reims, saint Rémi l'exhorta encore dans des entretiens particuliers. Ils convinrent des cérémonies du baptême qu'ils fixèrent pour la veille de Noël dans l'église Saint-Martin, hors des portes de la ville de Reims. Les Francs ripuaires campaient dans les environs, sous leurs tentes; car ils avaient d^incessants rapports avec les Gallo-Romains, et ils choisirent Téglise de Saint-Martin à cause de la vénération particulière qu^on avait dans toutes les Gaules pour le grand évèque de Tours». Trois mille chefs ou soldats furent baptisés le même jour, sans compter les femmes et les enfants. Alboflède, sœur de Clovis, se consacra à Dieu dans la retraite : elle mourut quelques jours après, et comme le roi franc se désolait, Rcmi écrivit en ces termes à (Clovis : « Je prends beaucoup de part à la douleur (|ue vous ressentez de la mort d'Alboflède, votre sœur de glorieuse mémoire. Mais sa sainte vie, et la sainte mort qui Ta couronnée, doivent faire notre consolation. Jésus-Christ lui a fait la grâce de recevoir la bénédiction des vierges; il ne faut point pleurer ce qui a été consacré au Seigneur. Chassez donc, roi, la tristesse de votre cœur.... et souvenez-vous que vous avez un royaume à gouverner. • » A côté de la consolation, le devoir.

Quand Clovis déclara la guerre à Alaric, Rémi, qui par sa puissance morale, dirigeait Tépée du roi, lui écrivit : « Roi, il sVst répandu jusqu'à nous un grand bruit que vous entreprenez une expédition militaire. Ce n'est pas une chose nouvelle que vous soyez tel que vos ancêtres ont été ; mais vous devez surtout faire en sorte de ne pas vous écarter de la loi du Seigneur; parce que c'est par la fin qu'on juge de Faction. Choisissez des conseillers dont la sagesse donne un nouvel éclat à votre gloire. Honorez vos évêques, et recourez en tout à leurs sages avis. La bonne intelligence entre le sacerdoce et l'empire rendra votre règne plus heureux et affermira votre trône. Soulagez vos peuples, consolez

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