Epist. Rem, ad Clod.; Cmcil, gaU., t. I , p
les affligés, protégez les veuves et nourrissez les orphelins. Faites en sorte que tous vous craignent et vous aiment. Rendez exactement la justice ; ne recevez rien des pauvres ni des voyageurs. En un mot, si vous voulez régner avec gloire, montrez-vous agréable avec les jeunes gens, mais ne traitez d'affaires qu'avec les vieillards '. » Cette lettre de Rémi à Clovis constate la salutaire influence des évèques sur les conseils des rois barbares dont ils faisaient la grande éducation morale et politique. Rémi fut attaché à Clovis jusqu'à la mort ; il écrivit même Tépitaphe de son tombeau dans Téglîse des Apôtres :
« Dives opum, virtute potens, clarusque triumpho « Condidit hanc sedem Rex Clodovœus, et idem « Patricius magoo sublimis fulsit honore, etc. »
Saint Rémi mourut après le roi dans une vénérable vieillesse, après soixante^uatorze ans d'épiscopat* plein d'une belle renommée. Sidoine Apollinaire lui écrit en style de rhéteur : « On trouve en vos œuvres de l'élégance, dans les termes et les épithètes de l'exactitude, de la force dans les pensées, de l'abondance dans les figures. C'est un fleuve qui coule : de la véhémence dans les péroraisons, c'est la foudre qui frappe. Ajoutez que tout le discours forme un corps dont les parties proportionnées se tiennent, et sont liées par de belles transitions : ce qui rend votre style poli comme une glace de cristal*.... » Le mauvais goût commençait à régner dans les Gaules.
L'an 490, sur le siège épiscopal de Vienne, était Avitus, fort dévoué à Clovis. Né d'une des plus illustres familles sénatoriales du Midi, sous la domination du roi de Bourgogne, il s'était prononcé pour les Francs. Avitus écrivit à Clovis pour le féliciter sur son baptême : « Votre conversion devient notre victoire. La plupart de ceux que nous pressons d'embrasser la vraie foi, nous opposent les coutumes et les usages de leurs ancêtres, qu'ils ont honte de condamner * ; et par un prétendu respect pour leurs pères, ils de-