‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 133 sur 150 · Le jour de Noél · texte numérisé non relu

Le jour de Noél

culaires. Tranquilinus, son médecin, lui conseilla de s^adresser à Severin, abbé du monastère d'Âgaune. Clovis lui députa aussitôt Transvaire, son chambellan, pour le prier de lui rendre la santé. Severin vint à Paris ; la légende dit que s'étant rendu au palais des Thermes, il se prosterna en prières au pied du lit, et se dépouillant de sa robe, il en couvrit le malade. Le roi guérit : « Mon père, s'écria-t-il, prenez, je vous en conjure, pour les pauvres, tout Targent de mon trésor qu^il vous plaira. » Severin refusa. Clovis éleva une église en son nom comme signe de vénération et d'honneur.

Partout agissent les évoques ; saint Médard, né à Salenci, prodie de Noyon, avait pour père un leude franc, nommé Nectard, et pour mère une Gallo-Romaine, mariages mixtes qui fusionnaient les deux sangs. Tout jeune homme, Médard fut élu évèque de Vermandois (Saint-Quentin), puis Tévèché fut transféré à Noyon, ville mieux fortiûée; Tancienne Augusta avait été ruinée par les Barbares ^ Par le consentement du roi, du peuple et des clercs, Médard fut élu évêque de Tournay, le berceau des Francs où il y avait bien des païens encore. Le roi Clotaire conçut une si grande vénération pour Médard, qu'à sa mort il fit bâtir une église et un monastère sur son tombeau. Quelques années après, on vit s'élever la belle basilique de Saint-Médard , sépulture des rois mérovingiens de Soissons. Leur tombe était couverte de statues, comme celles des rois de Paris, dans la basilique de Saint- Vincent ou Saint-Germaindes-Prés.

Césaire eut une vie très-accidentée; né à Chàlons, il fut élu évèque d'Arles. On l'accusa d'avoir abandonné lesGoths pour les Francs, comme tous les évoques du Midi. Conduit auprès de Théodoric, roi des Goths d'Italie, à Ravenne, pour se défendre des accusations, Théodoric fut si frappé de la majesté de son regard, qu'il se leva de son trône pour le saluer respectueusement, et sans lui parier de l'accusation, il se contenta de lui demander des nouvelles de son voyage : Césaire le satisfit et se retira •. Théodoric lui envoya trois cents sous d'or avec un grand bassin d'argent pesant environ soixante livres, et lui fit dire : « Très-saint évèque, recevez ce pr6-

1. Fortunat., Vita Medardi, cap. vu, toiA. VIII. Spicûeg., t* U» P- 3M«

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