‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 132 sur 150 · Aviti Epist · texte numérisé non relu

Aviti Epist

meurent dans leur infidélité.... Vous n'avez voulu hériter de vos ancêtres que de la noblesse : tout le reste de ce qui fait la gloire d'un grand prince vient de vous-même, et rejaillit de vous sur vos pères. S'ils ont fait de grandes choses, vous en avez fait de plus gprandes. Vous avez appris de vos aïeux à régner sur la terre, vous apprendrez à vos descendants à régner dans le ciel. Il était convenable que vous fussiez régénéré dans l'eau le même jour que le Seigneur du ciel était né sur la terre pour le salut du monde ^. Que dirai-je de la solennité de votre baptême? Quoique je n'y aie pas assisté, j'y ai été présent en esprit, et j*ai pris part à la joie commune. Oh! que cette nuit sacrée a fourni de matière à nos réflexions et à nos entretiens 1 Quel spectacle, disions-nous, de voir une troupe de pontifes assemblés assister avec empressement au baptême de ce grand roi, de voir cette tète redoutée des nations se courber devant les serviteurs de Dieu; cette chevelure nourrie sous le casque, recevoir par l'onction sainte un casque de salut : qu'il était beau de voir ce guerrier quitter la cuirasse pour se revêtir de l'habit blanc!... Ces nouveaux habits donneront une nouvelle force à vos armes. Je voudrais mêler à vos éloges quelques mots d'avis et d'exhortation. Mais prêcherais-je l'humilité à celui qui nous en a donné tant de marques? Exhorterais-je à la clémence, celui dont un peuple de captifs mis en liberté annonce la miséricorde? Il n'y a qu'une chose que je voudrais augmenter, c'est, puisque le Seigneur veut bien se servir de votre ministère pour gagner toute votre nation, d'étendre votre zèle aux autres peuples de la Germanie. N'ayez pas de honte de leur envoyer des ambassadeurs pour les intérêts d'un Dieu qui a eu tant de soin des vôtres.... »

Ainsi les évêques caressent, entourent Oovis, et le roi, à son tour, aime à écouter les évêques catholiques, résultat d'une alliance politique qui date de l'invasion. Clovis est surtout aidé dans le Midi par les évêques qui luttent contre l'arianisme; le roi des Francs accomplit facilement la conquête de ces provinces qui autrefois avaient obéi aux Visigoths. Au milieu d'elles vivait saint Severin, d'une grande science, plus que d'une famille élevée, qui avait conquis dans le Midi une célébrité par ses cures merveilleuses. Clovis fut attacjué d'une fièvre, dans les grandes chasses, sous les arbres sé-

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