‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 24 sur 150 · Quelques-uns des roisctaienl catholiques · texte numérisé non relu

Quelques-uns des roisctaienl catholiques

3. (Miisieurs mêoie furent consuls. Je les ai indiqués dans mes FûiUx consulaires j mémoire couronné par Tlnstitut.

servéede plusieurs manières sur les Gaules; en Auvergne elle était réelle, comme le constatent les médailles ; sur les Lombards, les Goths, les bourguignons elle n'était que nominale. Les chefs barbares s'honoraient souvent du titre de consul ou de patrice, dignités byzantines De là résulte une certaine confusion dans les actes publics et la langue des diplômes. Les rares médailles des roio bourguignons ou lombards portent des légendes grecques ou latines, la société gallo-romaine seule avait ses chroniques et ses écrivains. Nous connaissons les mœurs des peuples, par saint Prosper, Prudence, Jérôme et Grégoire de Tours. Jomandès seul appartient à la nationalité lombarde et celtique. La société gallo-romaine est encore la force et l'éclat du pays. Les barbares campent, les romains demeurent. Ainsi saint Germain définit la situation des Gaules, au quatrième siècle ^

Sur l'extrême territoire , vers les rives de l'Océan, les Bretons s'étaient maintenus*. Les invasions des barbares les avaient à peine atteints; ils formaient un peuple a part, dont Angers était la limite. Le christianisme pénétrait lentement; on peut voir dans la Vie des Saints quelles peines, quels soucis les évéques prenaient pour détruire les vestiges du druidisme. Têtus et durs comme leurs rochers, les Bretons défendaient leurs légendes et coutumes religieuses.

I . Les médailles de celle époque confuse sonl bien rares : sur la langue et la littérature des Gaules il u'y a rien de plus parfait que VHistoire littéraire des Bénédictins, in-4*

'i. Les limites de la Bretagne sonl tixécs dans la .Vu(i/ta imperii: « Kxtenditur tamen tractus Armoricani et Nerviniani limites jier provincias quiuque per Aquitauiam primam et secûndam. »

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(ÎB fut l'époque de Tarchi-druide Merlin qui remplit la Bretagne de ses prophéties, qui plus tard retentirent dans le cycle des chansons et gestes carlovingiens. Semées au milieu de ces grands groupes de peuples , il y avait des colo nies dispersées sur le sol : ainsi, à l'extrémité de la Seine et de la Loire, on trouvait des Saxons, des Vandales, restés comme un limon après le reflux des expéditions qui avaient ravagé les Gaules. Les Saxons , piratas du Nord, fondaient aussi des colonies sur les côtes \ dans des territoires sans culture, en vertu du simple droit d'occupation. Une grande partie de la Flandre et des côtes de la Normandie étaient déjà peuplées de Saxons, de Frisons, qui cultivaient la terre de leurs mains.

Ainsi, en résumant les faits : le territoire de la Gaule romaine avait été partagé entre divers groupes de peuples envahisseurs. Les Bourguignons s'étendaient d^s Alpesjusjusqu'à la Saône ; les Visigoths des Pyrénées à la Loire. Les Romains gardaient le centre avec les cités des Auvergnats; les Bretons occupaient les terres d'Angers jusqu'à la mer; les Saxons et les Frisons colonisaient le Nord : c'est alors que parut une vaillante tribu sous le nom particulier de Francs, Nous devons précieuseaient en recueillir les origines, car nous lui devons le plus pur de notre sang, l'énergie de notre caractère, la puissance de notre nationalité. Les autres monarchies, fondées par les barbares, n'ont duré qu'un temps. Que resle-t-il des lois bourguignonnes?

l . « Quin et Armoricus piratam Saxona traclus

« Sperabat ; impelle salun sulcare Britannum « Ludus et assisto glaucum mare, frindere lembo. *•

Ainsi s'exprime Sidoine Ajtollinaire dans son latm corrompu. {Avtt. :i6P.)

Que sont devenus leurs monuments, leurs actes, leurs écrits? A la Monza de Milan, une couronne de fer est le seul débris du règne des Lombards en Italie, tandis que les Gesta Dei per Francos et les Chansons de Gestes retentissent encore dans notre histoire.

Les antiqmtés nationales sont un patrimoine si sacré pour la France , qu'on s'explique l'intérêt vif et soutenu qu'elles ont toijgours inspirée II est impossible d'admettre la tradition romanesque qui rattache les Francs aux Troyens, croyance du moyen âge. L'érudition la plus pure, la plus sérieuse n'a-t-elle pas ses imaginations colorées et ses légendes ? U fut un temps où l'on faisait descendre les rois de France d'Hector ' ; rien ne justifie cette filiation ûd)uleuse, si ce n'est l'opinion moderne des savants de Suède et du Danemark : ils disent qu'aux siècles les plus reculés une immense émigration asiatique s'était jetée sur le Nord de l'Europe. Les Francs étaient-ils un vaste rameau du vieil arbre germanique? Formaient-ils une nation i part ou une réunion de peuples qui, en vertu de leur liberté généreuse, prenaient le nom de Francs ? La lecture attentive des monuments, des chroniques et des actes peut expliquer d'une manière plus naturelle cette origine ; l'expression de Franc ne désigne pas une nation groupée sur un territoire fixe et limité. Les guerriers de cette tribu belliqueuse portaient à la fois les noms de Sicambres, de Saliens, de Teutons ou de Suèves. Le mot de Franc ne

1 . Comparez les ingénieux systèmes de Preret, Dubas , Mibli , sur Torigioe des Francs. Montesquieu s'est laissé entraîner à beaucoup d'antithèses et de discussions passionnées. Consultez surtout les premiers volumes des Mémoires de l'ancienne Académie des inscriptions,

2. Cette origine est acceptée par tous les historiens du dix-septième siècle.

serait donc qu'un surnom, une qualilé donnée d'une manière générique et commune à des peuples confédérés pour la défense, l'invasion ou la conquête, en un mot, l'élite de plusieurs fractions de la grande famille germanique. Le caractère fédératif était essentiellement allemand ; en partant donc de ce fait d'une confédération militaire, tout s'explique dans l'histoire des origines, surtout cette invasion confuse, par bandes, qui fait qu'on trouve les Francs partout avec des rois ou des chefs élus; ici colons, là auxiliaires, et toujours d'une bravoure singulière, d'une intelligence active. L'orateur Libanius, parlant des nations innombrables de Celtes établies sur le Rhin, s'exprime ainsi sur les Francs : < Cette nation, si exercée à la guerre et si vaillante par ses exploits, avait mérité le nom de Francs ^ » Libanius, l'ami, le panégyriste de l'empereur Julien, qui avait iait ses plus belles campagnes sur le Rhin, devait bien connaître les diverses tribus germaniques. Refoulés par les invasions des Suèves, des Bourguignons, des Vandales, des Âlains, les Francs s'étaient campés à l'extrémité des Gaules, sur la frontière de la Belgique et du Rhin. Après une victoire du césar Aurélien, près de Mayence, les soldats des vieilles légions, prêts à quitter les Gaules pour une expédition en Perse, chantèrent leurs triomphes militaires sur les Francs : < Nous avons tué plusieurs milliers de Sarmates (nom primitif que les Romains donnaient aux Francs) comme nous tuerons plusieurs milliers de Perses*. »

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