‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 30 sur 150 · Egidius dans la langue latine · texte numérisé non relu

Egidius dans la langue latine

3. Le» Bénédictins procédaient à leur travail en rapprochant et en compa-

On découvrit, en 1665, son tombeau, nous l'avons dit, tout plein de médailles, de haches d'armes, de massues avec deux têtes de bœuf qui constatent que le christianisme n'était pas accepté par les chefs mérovingiens. Le bœuf était Téternelle image d*Âpis, le dieu qui présidait aux funérailles ; la tête de cheval était le symbole des traditions d'Odin; le guerrier ne mourait pas tout entier; le cheval était placé à côté de lui pour le servir après la mort comme durant la vie. La chronologie donnée par les bénédictins jette quelque clarté sur cette époque confuse ; elle fait connattre ces rois ou chefs qui avaient placé le siège de leur gouvernement entre Tournay, Cambrai et Soissonsoù reposent les ossements gigantesques de ces rois, les débris de ces armures, de ces joyaux, colliers, bagues jetés dans la sépulture avec quelques figurines des dieux de la Germanie.

Les colonies de Francs ne cessaient pas d'être en rapports continuels avec les Gaules romaines, toujours influentes sur la destinée des barbares. Parmi les Gallo-Romains s'élève la figure d'Aëtius, né en Mœsie, et que l'empereur Valentinien avait chargé de la protection des Gaules * ; latin par les formes et les études, barbare par l'énergie et le courage, Aëtius exerça une dictature sur les Francs et les Bourguignons. Ce n'était pas trop de toutes les forces réunies pour détourner Torage terrible qui menaçait les Gaules :

rant tous les textes, il en résulte sans doute une haute critique en histoire, mais peu de couleurs : les Chroniques de Saint-Denis au contraire prennent de toutes DQains, elles ont Tintérôt d'une légende ou d*une chanson de Gestes (roman de chevalerie).

1 . Âétius était d'origine scythe; il avait pour père Gaudentius, chef de la milice do Valentinicn; lui-même avait servi dans les gardes de Tempereur.

Aêtius dut réunir toutes les tribus. Le moment était supréme: Attila, le chef des Huns, approchait des provinces ^ gallo-romaines; entouré d'un respect superstitieux par les Tartares presque comme le Dieu de la guerre, Attila menait groupés autour de lui, les Vandales, les Gépides, les Ostrogoths et même quelques tribus franques germaniques attirées par son prestige et par Tappât du butin* : on s'exagérait les richesses de la Gaule. Attila passa le Rhin et la Moselle, nulle résistance ne put l'arrêter: les villes n'offraient plus que des ruines. Dans toutes les campagnes où passait cette nuée d'hommes, il ne restait pas un arbre, pas une plante sur pied : < Le fléau des nations se révélait ainsi aux hommes comme un coursier couvert de sang et les naseaux en feu, dit Grégoire de Tours. Des pleurs intarissables étaient versés ; on voyait de loin s'élever des nuages de poussière ; les peuples se précipitaient les uns sur les autres entraînant leurs femmes, leurs enfants, leurs troupeaux pour fuir le glaive d'Attila ^ »

En présence de cette destruction, Francs, Goths, Romains, Armoricains, Bourguignons réunis se placèrent volontairement sous le préfet Aëtius à qui l'empereur venait de

1 . Les récits sur cette expédition d'Attila sont fort obscurs : rien de complet n'est parvenu jusqu'à nous. On doit bien regretter que Texact poète Sidoine Apollinaire n'ait pas pu tenir sa promesse de raconter Thisloire des expéditionsd'Attila: «Exigeras mihi, utpromilterem tibi, Attilaebellum stylo me posteris intimaturum ; cœperam scribere, 6c J operis arepti fasce perspecto tseduit inchotsse. . . . » (Sidon. Apollin., liv. VIII, Epistol. XV, p. 326.)

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