TELLES QU'ELLES SONT CONSERVEES
EN rÉGUSE DE SALNT-DENIS EN FRANCE
Aucun document historique n'inspira un plus grand respect chez nos pères que les grandes Chroniques de SairU-Deniê en France ; c'était comme le dépôt sacré de toiftes les traditions nationales confié au trésor de FËglise sous la garde de Fabbé comme Toriflamme. Les Chroniques de Saint^ùenis ne sont pas originales; eUes sont la plupart des copies et des translations des chroniques latines; seulement les moines y joignirent des incidences recueillies partout pour grandir la domaine de Thistoîre comme dans les journaux modernes; le langage en est beau et naïf, elles furent commencées sous Charles V,et successivement développées; aucun fait n'y était inséré sans être soumis à un examen de prud'hommes. Le texte se composait de chroniques, et évidemment de chansons de geste telles, par exemple, que les récits de Tarchevèque Turpin sur Charlemagne. En justice, nous l'avons dit , ces chroni* ques étaient admises comme la vérité. Nous donnons la partie de cette chronique qui contient l'histoire de Clovis et des Blérovin-* giens.
GommeDt le fort roy GloTis fut couronné après la mort de tun père, et comment il rendit Torcel* à saint Rémi et puis comment il ae vengea de celui qui le contredit.
Quant le roy Childéric eut tenu le royaume de France vingtquatre ans, il fu mort : un fils eut de Basine la royne,qui eut nom Glovis. Moult estoit biau et preu et gracieux : aussi comme fl croissoit etamendoit en corps, ainsi pourfîtoit-il en noblesse de cuer et en bonnes meurs.
Le royaume reçut par héritage et fu couronné après la mort de son père : noble fu en batailles , glorieux en victoires plus que nul de ceux qui devant lui eurent régné. D chasça hors de Soissons Syagre, le fils Gilon : la cité prist et soumist a sa jurisdiction. En celui temps couroit les osts * de France par tout le pals, ils toloient et roboient ce qu'ils povoient tenir et trouver es moustiers et aus églyses, comme ceus qui encore estoient paiens etinescréans. En ce temps estoit saint Rémi archevesque de Rains : dont il avint entre les autres choses que ils lui tolirent un orcel d^argent, qui moult estoit grans et pesans. Le preudomme manda au roy par on sien message, et pria moult que s'il ne lui voloit autre grâce faire, que il lui rendist son orcel. Le roy respondi que il alast après lui Jusques à Soissons, car là seroient ensemble mises et départies par sort toutes les choses qu'ils avoient : « Et si j'ai, fait-il, à ma part cet orcel que tu me demandes, je te le rendrai maintenant. » Quant le roy et sa gent furent venus à Soissons, il fist crier parmi Tosi que toute la proie fust mise ensemble pour départir et pour donner à chascun droite porcion, telle comme il devoit avoir par sort; mais pour ce que il se doutoit qu'un autre éust cet orcel, il apela les plus haus barons et les plus nobles chevaliers et leur dist ainsi : « Seigneurs, mes chevaliers et mes compaignons , quant prince ou roy veult accomplir sa volonté d'aucunes choses envers sa gent, il est mieux droit et raison selon sa dignité, qu'il le face par commandement que par piHère ; mais toutes fois aimè-je mieulx à requeire