I. Ce discours est de
142 chapitre siricme.
s'écrie-t-il, donnez-moi la victoire et je vous adorerai (I). »
Ce vœu est entendu et exaucé. Les Francs reprennent courage et recommencent la bataille. Les Alamans s'inquiètent, se troublent, se débandent et fuyent. Leur chef tombe, et toute résistance cesse : « Arrêtez le carnage, disent-ils à Clovis, nous sommes à vous. » Leur désespoir égalait la confiance qu'ils avaient montrée jusqu'alors, et leur défaite donna aux Francs un roi chrétien.
La bataille aurait été livrée d'après les uns, non loin de Strasbourg, d'après les autres, plus vraisemblablement, auprès de Cologne, oii résidait le chef Franc qu'ils avaient attaqué. Ces Alamans pouvaient être de la même race que ceux qui s'étaient établis entre les Vosges et le Rhin. On ne doit pas les confondre avec eux. Tout ce qu'on peut croire, c'est qu'ils en reçurent quelques secours, et c'est ce qui expliquerait le tribut que leur imposa Clovis.
La victoire fut chèrement achetée, mais elle eut un grand retentissement et servit le vainqueur. Les Boïens, les Bavarois, les Suèves et les Alamans devinrent les tributaires du roi de France et reconnurent sa suprématie. Ce que Soissons avait commencé, Tolbiac le continuait, et ce qui avait été l'œuvre du courage seul, devenait le produit plus excellent de la foi.
Il est facile de comprendre la joie de Clotilde. Clovis
I. s. Grégoire de Tours met dans la bouche de Clovis un long discours qui ne convient ni à la disposition d'esprit du roi, ni à sa situation désespérée. 11 ne manque pas d'éloquence, mais il n'est pas à sa place.
Xlz mariage et la conî^etsîon ne CloDîs. 143
était victorieux et détaché du paganisme. Que pouvaitelle désirer de plus ? Ses prières et ses vœux étaient exaucés, et Dieu lui-même avait fait ce grand ouvrage.
Clovis revenait vers Clotilde, après avoir assuré sa domination dans les pays vaincus. En passant à Toul, il s'adressa à l'évêque sa:nt Ours, et lui demanda la grâce d'être instruit. Celui-ci le confia aux soins d'un prêtre aussi savant que pieux qui pouvait l'éclairer par ses leçons et l'édifier par ses exemples. Il s'appelait Vedastus, et on l'honore sous le nom de saint Waast. « Saint Waast et saint Rémi, dit Alcuin dans sa vie du premier, furent les deux flambeaux qui éclairèrent Clovis dans la voie de Dieu, et enfantèrent à Jésus- Christ la glorieuse nation des Francs, qui devint un peuple élu, dont les grandes œuvres célébrèrent la gloire de Celui qui les appela des ténèbres à son admirable lumière. »
Dieu affermit par un miracle la bonne volonté du roi, en lui montrant cette puissance dont il avait si longtemps douté.
Le cortège royal était arrivé dans un village nommé Vouziers, non loin de Rilly. Il passait sur un pont, lorsqu'un aveugle s'informa de ce qui occasionnait un si grand bruit. On lui répondit que c'était Waast. « Homme de Dieu, s'écrie l'aveugle, ayez pitié de moi. Ce n'est pas une aumône que je demande, mais le secours de votre puissance auprès de Dieu. Guérissezmoi et rendez-moi la vue. »
Waast se recueille, et étendant la main au-dessus de la tête de l'aveugle, il fait sur lui le signe de la croix, en disant : <L Seigneur Jésus, lumière véritable, vous