‹ Clovis (volume 2)Chapitre 5 sur 31 · VIII PREFACE DE LA PREMIERE EDITION · texte numérisé non relu

VIII PREFACE DE LA PREMIERE EDITION

les documents émanés de la main de Clovis, nous ne possédons qu'un bout de lettre adressé aux évêques de son royaume. Les six diplômes conservés sous son nom sont apocryphes. La première rédaction de la LOI SALIQUE paraît de lui; mais on ne le saurait pas sans le tém^oignage d'un inconnu quij à une époque postérieure, en a écrit le prologue. Il ne nous reste pas une seule monnaie de lui. Childéric lui-même a été moins maltraiié, puisque la tombe nous a rendu son portraitj gravé en creux dans un cachet.

Clovis était mort depuis deux générations lorsquHl se trouva un chroniqueur pour raconter à la postérité ce qu'on croyait alors savoir de lui. Mais les souvenirs exacts se réduisaient à fort peu de chose : quelques lignes très sèches sur ses guerres, empruntées aux annalistes du cinquième siècle ; quelques légendes, les unes populaires et les autres ecclésiastiques, et oit la part dxivrai et du faux était bien difficile a démêler y voilà tout ce que Grégoire de Tours put mettre en œuvre. Il en fit le récit qui est resté jusqu'à nos jours la base de toute Vhistoire de Clovis, et qui, malgré ses défectuosités, était pour son temps une œuvre remarquable. Tous ceux qui vinrent après lui se bornèrent à le copier, et n'ajoutèrent à ses renseignements que des fables. L'oubli, d'ailleurs, descendit de bonne heure sur le fondateur de la monarchie : sa gloire vint se fondre d.ans celle de Charlemagne, qui resta seul en possession de Vaitention des masses, et qui ajoparut bientôt comme le vrai créateur de la monarchie franque. Les noms mêmes de ces héros sont à ce point

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