‹ Clovis (volume 2)Chapitre 6 sur 31 · PREFACE DE LA PREMIERE EDITION IX · texte numérisé non relu

PREFACE DE LA PREMIERE EDITION IX

de vue bien instructifs : Charlemagne est un nom po* pulaire, qui a vécu sur les lèvres de la multitude; Clovis est un nom archaïque, tiré des vieu^ parchemins par Vérudition. Si le peuple s'était souvenu de Clovis et l'avait fait vivre dans ses récits, nous l'appellerions Louis.

On comprend que les historiens modernes aient été peu encouragés à traiter un sujet si difficile à aborder, et promettant si peu de résultats. L'époque de Clovis était pour eux ce que sont pour les nations anciennes leurs âges héroïques : on redisait ce qu'on aidait entendu raconter par la tradition, et, sans prendre la peine d'en contrôler le tém^oignage, on avait hâte de quitter ces régions ténébreuses, La critique seule y descendait de temps en temps^ armée de sa lampe ; mais chaque exploration qu'elle y faisait avait pour résultat de biffer quelques traits de l'histoire traditionnelle, et de diminuer encore le peu d'éléments positifs qu* elle contenait. Dans les tout derniers temps, ce travail de destrixction a pris une allure des plus prononcées. En même temps que la critique pénétrante et acérée de Julien Havet réduisait à néant plusieurs documents de la plus haute importance, tels que la lettre du pape Anastase II et le colloque des évêques de Lyon, Vauteur de ce volume, s'appuyant sur les recherches antérieures de Junghans et de Pio Rajna, établissait définitivement le caractère légendaire de tous les récits relatifs au mariage de Clovis, à sa guerre de Burgondie et à ses luttes avec ses proches.

La vérité historique pouvait gagner à ces constata-

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