ACTE I, SCÈNE VII
SINORIX.
Je venais vous le dire.
CÉSAIRE
Conservent-ils encor des sentimens romains ?
SINORIX.
Tous ceux que j’ai pu voir approuvent nos desseins. J’avoûrai cependant que leur haine étonnée ,
Du retour de Clovis a paru consternée ;
Mais quand ils ont appris que , loin de ces remparts , Clovis derrière lui laissait ses étendards ,
Ils ont repris courage ; et témoin de leur zèle....
Au fils d’Egidius portez-en la nouvelle.
SINORIX.
Il nous sert!
CÉSAIRE
Dite6-lui que ses jours sont proscrits.
SINORIX.
Grand Dieu l
CÉSAIRE
C’est un secret que ma haine a surpris.
Tandis qu’auprès du roi remplissant mon message , Je saurai l’éblouir par un trompeur hommage ,
Allez à son captif promettre vos secours.
De ses libérateurs rendez-lui les discours.
Si Clovis lui fait grâce et respecte sa vie ;
S’il consent à me suivre au fond de l’Italie ,
Des Gaulois conjurés je lui prête l’appui ;
i6 CLOVIS,
Et , retenant le fer que j’ai levé sur lui ,
Je me sers du Sicambre avant de le détruire ; Mais si mes vains efforts ne peuvent le séduire , Que son règne finisse 5 et , de son sang couverts , De Rome qui m’attend courons briser les fers.