SCÈNE PREMIÈRE
EUDOMIRE, HERMAN, CLOVIS, CLODÉR1C ,
Frakcs et Gaulois.
Ou , ma sœur , la victoire est Gdèle à nos armes.
La Thuringe soumise a payé de ses larmes Les attentats d’un roi qui m’osait outrager.
Ses guerriers contre moi n’ont pu le protéger.
Vous ne le verrez plus par d’éternelles guerres ,
De mes Francs , qu’il déteste , ensanglanter les terres, Et , des rois nos aïeux profanant les tombeaux,
Vers l’Allemagne encor rappeler mes drapeaux. Tremblant dans les forêts où mon bras le rejette ,
Il me laisse en repos achever ma conquête ,
Et fonder sur ces bords l’empire glorieux Qu’au sang de Pharamon assignèrent les dieux. Clodéric , je vous dois une part de ma gloire.
Votre exemple a conduit mes Francs à la victoire. Partagez aujourd’hui le prix que j’en reçois,
Et l’hommage éclatant qu’on rend à mes exploits... '
CLODÉRIC.
Vos Francs ont combattu sous les yeux de leur maître : Les soldats d’un héros aspirent tous à l’être.
Clovis, a', édition. a
,8 CLOVIS
Leur vaillance en tous lieux eût triomphé sans moi. J’ai moi-même suivi l’exemple de leur roi ;
Et, fier de l’amitié dont un héros m’honore,
Mon plus aident désir est de le suivre encore Partout où sa valeur voudra me présenter Des états à soumettre et des rois à dompter.
CLOVIS
Je ne laisserai point languir votre courage Clodéric , le repos n’est pas fait pour notre âge.
Un oracle prétend que, sous les mêmes lois,
Doivent fleurir un jour les Francs et les Gaulois; Que cette nation , d’âge en âge admirée ,
De l’empire romain passera la durée.
Et nous pourrions, plongés dans un honteux loisir, Laisser à nos cnfans l’honneur de l’accomplir !
Et sur la Seine encor s’arrêtent nos limites !
Et de ces régions à nos armes prédites,
La plus belle moitié reste à des potentats
Elus vils que les Romains qu’a dépouillés mou bras 1
■KVtes fugitifs retiennent l’Armorique !
Du sol des OEduens à la terre helvétique ,
De ses frères vaincus barbare meurtrier ,
Règne de Gundéric l’exécrable héritier !
Les peuples d’Aquitaine et de l’Occitanie Du joug des Visigoths souffrent l’ignominie !
A mon glaive échappés quelques Romains épars Dans mes propres états conservent des remparts;
Et des Saxons, errans sur nos mers et nos plages,