‹ Clovis, tragedie en cinq actes;Chapitre 16 sur 74 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

EUDOMIRE, HERMAN, CLOVIS, CLODÉR1C ,

Frakcs et Gaulois.

Ou , ma sœur , la victoire est Gdèle à nos armes.

La Thuringe soumise a payé de ses larmes Les attentats d’un roi qui m’osait outrager.

Ses guerriers contre moi n’ont pu le protéger.

Vous ne le verrez plus par d’éternelles guerres ,

De mes Francs , qu’il déteste , ensanglanter les terres, Et , des rois nos aïeux profanant les tombeaux,

Vers l’Allemagne encor rappeler mes drapeaux. Tremblant dans les forêts où mon bras le rejette ,

Il me laisse en repos achever ma conquête ,

Et fonder sur ces bords l’empire glorieux Qu’au sang de Pharamon assignèrent les dieux. Clodéric , je vous dois une part de ma gloire.

Votre exemple a conduit mes Francs à la victoire. Partagez aujourd’hui le prix que j’en reçois,

Et l’hommage éclatant qu’on rend à mes exploits... '

CLODÉRIC.

Vos Francs ont combattu sous les yeux de leur maître : Les soldats d’un héros aspirent tous à l’être.

Clovis, a', édition. a

,8 CLOVIS

Leur vaillance en tous lieux eût triomphé sans moi. J’ai moi-même suivi l’exemple de leur roi ;

Et, fier de l’amitié dont un héros m’honore,

Mon plus aident désir est de le suivre encore Partout où sa valeur voudra me présenter Des états à soumettre et des rois à dompter.

CLOVIS

Je ne laisserai point languir votre courage Clodéric , le repos n’est pas fait pour notre âge.

Un oracle prétend que, sous les mêmes lois,

Doivent fleurir un jour les Francs et les Gaulois; Que cette nation , d’âge en âge admirée ,

De l’empire romain passera la durée.

Et nous pourrions, plongés dans un honteux loisir, Laisser à nos cnfans l’honneur de l’accomplir !

Et sur la Seine encor s’arrêtent nos limites !

Et de ces régions à nos armes prédites,

La plus belle moitié reste à des potentats

Elus vils que les Romains qu’a dépouillés mou bras 1

■KVtes fugitifs retiennent l’Armorique !

Du sol des OEduens à la terre helvétique ,

De ses frères vaincus barbare meurtrier ,

Règne de Gundéric l’exécrable héritier !

Les peuples d’Aquitaine et de l’Occitanie Du joug des Visigoths souffrent l’ignominie !

A mon glaive échappés quelques Romains épars Dans mes propres états conservent des remparts;

Et des Saxons, errans sur nos mers et nos plages,

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