‹ Clovis, tragedie en cinq actes;Chapitre 18 sur 74 · EUDOMIRE, CLOVIS, CÉSAIRE, HERMAN · texte numérisé non relu

EUDOMIRE, CLOVIS, CÉSAIRE, HERMAN

Romains, Fiiancs et Gaulois.

CÉSAIRE

Quelque douleur qu’excite en mon âme attendrie L'aspect des conquérans de ma triste patrie ,

Il m’est doux aujourd'hui de reposer les yeux Sur un roi, digne au moins de la faveur des cieux ,

Et qui , sachant unir la clémence au courage.

Du règne des Trajans nous olïre quelque image. Heureux , si la fortune eût remis dans vos mains Les peuples d’Italie et surtout les Romains !

Mais sous un joug de fer l’Italie est courbée ,

Sous d’obscurs conquérans Rome , bêlas ! est tombée; Et celle qui jadis fit le destin des rois ,

Dans ses adversités porte envie aux Gaulois.

Que dis-je ! l’étranger à qui Rome est soumise,

En a pris le génie après l’avoir conquise.

Déjà même , oubliant ce qu’il peut nous devoir ,

Il voudrait à Zenon égaler son pouvoir ;

Et si notre faiblesse eût souffert ce partage ,

Vous l’auriez vu déjà revendiquer l’hommage Des rois de l’Occident , que ce nouveau César

CLOVIS

Voudrait voir à ses pieds et traîner à son char.

Zenon n’a point voulu qu’on vous fît cette offense. Votre gloire , seigneur , vous protège à By zance ;

El tel est à ses yeux l’éclat de vos exploits ,

Que s’alliant à vous , et rangeant sous vos lois Tout ce qui reste ici de milices romaines ,

Zenon vous a placé parmi ses capitaines.

Contre Théodoric marchez donc avec nous-, Confondez sou orgueil et prévenez ses coups.

Devenez des Romains le vengeur et l’idole ,

La pourpre des consuls vous suit au Capitole.

CLOVIS

Ces honneurs , j’en conviens , sont faits pour me tenter $ Mais Clovis à ce prix ne les peut accepter.

Que dans Rome à son gré Théodoric commande ;

Au titre de César que sa fierté prétende;

Qu’au brait de ses projets réveillant les Romains , D’une Rome nouvelle il rêve les destins ;

Que , dégradant le trône où le ciel les fit naître , Vingt rois au Capitole aillent le reconnaître ;

De l’hommage des Francs il pourra se passer ,

Et sait trop qui je suis pour jamais y penser.

Mais je croirais trahir l’honneur du diadème,

Et donner à César quelques droits sur moi-mème,

Si contre mes pareils j’allais vous soutenir ,

Et reconnaître en vous le droit de les punir.

Ce n’est point pour servir que j’ai ceint la couronne. Je me fais rendre hommage et 11’en dois à personne.

Je sais que dans Byzance on tient d’autres discours ,

Et , s’il faut avec vous m’expliquer sans détours ,

Tous ces titres d’honneur que Zenon nous dispense , Tendent à nous marquer du sceau de sa puissance.

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