C LO VI
Dès qu’elle est nécessaire , elle est juste à mes yeux.
l^UDOMIRE.
De perfides conseils trop souvent nous égarent,
Et de tels attentats jamais ne se réparent ;
Qu’a fait Syagrius pour être condamné ?
CLOVIS
Quoi donc. ! oubliez-vous de quel sang il est né ? Aux affronts de ma race êtes-vous étrangère P Et si ce n’est assez du crime de son père ,
Ne dois-je pas trembler , tant qu’il verra le jour , Que son nom des Gaulois ne réveille l’amour ?
Vous savez quels desseins inédite mon courage.
De tous les champs Gaulois grossir mon héritage , Assurer à mes fils un sceptre chancelant,
Que mes faibles aïeux n’ont tenu qu’en tremblant, Fixer dans ces climats ma nation errante , Soumettre au frein des lois sa fougue indépendante, Voilà les sentimens , les projets de son roi ,
Ce que ma. race enfin peut attendre de moi.
Mais j’ai trop d’ennemis pour que j’en laisse vivre,