S Y AG R I US
Des complots sans effet , que le remords efface ,
Ne sont plus criminels et doivent trouver grâce.
CÉSAIRE
Ah ! c’est trop me parler de crimes, de remords ,
Quand des rois étrangers tu vas purger ces bords;
Quand , relevant l’éclat de ta gloire ilétrie ,
Aux Gaulois opprimés tu rends une patrie ,
Oses-tu bien nommer de ces noms abhorrés
44 CLOVIS
Les devoirs les plus saints , les droits le» pins sacrés F Le pardon d’un Sicambre est donc ton espérance !
Tu peux comme un bienfait mendier une offense !
Est-ce lui dont ces lieux ont été le berceau ?
Ces murs de ses aïeux furent-ils le tombeau ?
Ces murs, témoins muets de ta grandeur passée,
N’ont pas de tes devoirs accablé ta pensée?
Pour condamner l’amour dont ton cœur est souillé , Ton père en son cercueil ne s’est pas réveillé ?
Ton père , ce palais est plein de son image.
Là , des Francs sur un trône il a reçu l’hommage ;
Là , vingt glaives rompus attestaient ses hauts faits.
Là , sa main généreuse a comblé de bienfaits Un peuple malheureux que son fils abandonne ,
Un peuple qui s’armait pour t’élever au tiône.
Ton cœur , prêt à former ces détestables nœuds , N’entend pas cette voix , ces accens généreux ,
Par qui des immortels l’aagnste prévoyance Au bord du précipice arrête l’innocence.
Pour refuser ce trône , es*tu moins à l’état ?
Tu n’y veux pas régner-, eh bien ! sers en soldat»
Ne va point à des Francs prostituer ton zèle.
Ce n’est point dans leurs bras que l’honneur te rappelle |- C’est au combat. Il faut que leur chef abattu Signale ton réveil par la Gaule attendu ,
Ou qu’une belle mort , relevant ta mémoire *
Fasse oublier ta chute ou pâlir sa victoire.
SYÀGRIUS.
Ainsi donc le bonheur n’était pas fait pour moi ,
Une fausse espérance avait surpris ma foi.
Pour me perdre avec vous mon destin vous ramène., J’abhorre lc$ complots où voire voix m’entraîne.