ACTE III, SCÈNE X
Marchons, et que les Francs, reployaut leurs bannières, De la Gaule , en tremblant , repassent les frontières ; Nous laissent leur dépouille, et, comme leurs aïeux, Reportent dans les bois leur peuplade et ledrs dieux.
CÉSAIRE
Je cède à vos désirs et vous livre un perfide.
Pourquoi m’opposerais-je au transport qui vous guide? Auriez-vous plus que moi le droit d’être vengés ?
Quoi ! deux peuples détruits, et leurs rois égorgés , Expiant des Romains la terrible disgrâce ,
Auraient de mes projets justiGé l'audace ;
Et quand le roi des Francs vient tomber dans mes mains; Quand je touche au moment d’accomplir mes desseins, J’en croirais les amours d’un esclave infidèle !
Il m’en coûte , il m’est cher , sa perte m’est cruelle ; Mais l’ingrat nous y force ; et je venge à la fois Ma gloire , mon pays, mon frère et les Gaulois.