EU DOM IRE
Ton pays! Des brigands....
SYAGRIUS
Ecoute , le temps presse
Tu sai6 quel est pour toi l’excès de ma tendresse. Par un dernier bienfait couronne tes bontés.
EUDOMIRE.
Que veux-tu ?
SYAGRIUS
Ces Romains , ces Gaulois révoltés, Ont dix ans sur mes pas défendu leur patrie.
C’est pour elle , pour moi qu’on arme leur furie. J'ai blâmé ce complot, et vois que mes refus,
Mon amour, mes désirs ne leur sont pas connus. On les trompe en mon nom.
EUDOMIRE.
Quel traître !
SYAGRIUS
Je l’ignore.
Mais je puis seul calmer des fureurs que j’abhorre. JNotre hymen en dépend. N’attends point que mon bras Égorge mes amis, mes vengeurs, mes soldats.
EUDOMIRE.
'.Jl
Que dois- je faire , ô dieux ! De quel trouble il m agite !
ma.
56 CLOVIS, a
SYAGRIUS
Eudoraire m’accuse! elle doute, elle hésite!
Clovis m’attend ; je cours redemander mes fers.
EUDOMIRE.
Ah ! Tu cours à la mort. *■
SYAGRIUS
Et c’est loi qui me perds.
EUDOMIRE.
Moi cruel ! Tes périls confondent ma prudence.
Je vois ton embarras ; je vois ton innocence -,
Que ton cœur est à moi , que je n’cn puis douter.
Je sens que dans le trouble où je te vois flotter ,
Je ue puis t’exposer aux regards de mon frère ;
Que je voudrais en vain arrêter sa colère.
Va , je cède à tes vœux ; va remplir tes projets.
La forêt vient toucher aux murs de ce palais.
Une porte y conduit et j’en dispose encore.
Sauve tes jours; je tremble, et c’est moi qui t’implore.
SYAGRIUS
Crois donc à ma tendresse et n’en redoute rien.
Je ne démentirai ni ton cœur ni le mien.
Adieu , quelque destin que ton frère m’apprête,
Je reviens triomphant ou lui porte ma tête.
• dfc.