‹ Clovis, tragedie en cinq actes;Chapitre 51 sur 74 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

CLOVIS , CLODÉRIC.

CLOVIS

Prince , je l’avoûrni , j’aurais dû tous en croire;

Mais le salut des Francs , leur intérêt, leur gloire Veulent que , sans tarder , avant la fin du jour ,

Vous joigniez mes drapeaux et pressiez leur retour i Je crains que tous ces bruits , répandus dans l’armée, N’aillmt glacer l’ardeur dont elle est animée , Entraîner les Gaulois qui combattent pour nous ;

Et dans ce grand péril je m’en remets à vous.

Vous savez quels détours de ces forêts obscures Recèlent des brigands les phalanges impures.

U faut les y surprendre et les envelopper. ^

Qu’à ma juste fureur rien ne puisse échapper.

CLODÉHIC.

Dans quel temps voulez-vous , seigneur , que je vous laisse ? Ah ! si de mes conseils vous voyez la sagesse,

Croyez-en jusqu’au bout les avis d’un soldat Qu’alarment vos dangers comme ceux de l’état. Rassemblez vos guerriers et marchons aux rebelles ; Surprenons dans leur camp ces hordes criminelles -, Frayons-nous un cliejpin sur leurs débris épars ,

Et, couverts de leur sang , joignons nos étendards.

Mais du peuple , en partant , châtions l’arrogance ; Laissons dans ces remparts des traces de vengeance , D’effroyabl es adieux , dignes d’épouvanter Les traîtres qui jamais voudraient les imiter.

* Un exemple terrible est ici nécessaire :

* L’indulgence enhardit un peuple téméraire.

* Le captif , qu’au trépas dévouaient mes conseils ,

* Maintenant chez les morts attendrait ses pareils ,

* Si , moins lent à punir , moins sensible à des larmes,

* Vous n’eussiez d’une amante écouté les alarmes.

* Faut-il aux factieux des fers et des cachots ?

* C’est en les punissant qu’on prévient leurs complots. * Que le glaive au hasard les frappe et les foudroie $

Dans les flots de leur sang que leur ville se noie ;

Et qu’avant de partir je les voie écrasés Sous les débris fumans de leurs toits embrasés. 4

CLOVIS

Embraser ces remparts ! il vaut mieux les défendre :

Je ne veux point régner sur des monceaux de cendre.

S p ns ces mêmes remparts vous me retrouverez : es Francs me sont rendus , mes jours sont assurés.

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