‹ Clovis, tragedie en cinq actes;Chapitre 58 sur 74 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

CLODÉRIC , CLOVIS, HERMAN, Ci.ki

CLODÉRIC.

Non , je suis devant vous indigne de paraître.

C’est lui , c’est ce rival , cet esclave , ce traître ,

Qui , pour m’humilier , me renvoie en ces lieux. Dans quel indigne état il m’expose à vos yeux I Sans bouclier , sans glaive ! un Franc ! et je respire

CLOVIS

Ce glaive....

CLODÉRIC.

Il s’est rompu.

CLOVIS

Pouvait-il vous suffire

Contre un camp tout entier à vous perdre animé ? CLODÉRIC.

Un Sicambre au combat doit périr tout armé ; Mais ce glaive impuissant a trahi mon courage ;

7« CLOVIS

Et lorsque mes vainqueurs , poussant des cris de rage. S’arrachaient leur captif, et m’allaient affranchir Du jour que mon regard ne peut plus soutenir, Syagrius arrive , et me condamne à vivre.

Aux genoux du superbe on me traîne, on me livre. De joie à mon aspect je le vois rayonner ,

Et ne sais quel forfait il allait ordonner,

Quand à nos yeux surpris Sinorix se présente , Haletant de fatigue et pâle d’épouvante :

« Vengeance , criait-il , Césaire est dans les fers ;

» Et Clovis punira nos projets découverts » Sur une ville entière au carnage livrée ,

» Si des murs un instant l’attaque est différée. »

On l’écoute, on frémit de vengeance et d’effroi.

Tous les veux sont fixés sur leur chef et sur moi. Retournez à Clovis , me dit ce téméraire ;

Qu’il épargne le peuple et respecte Césaire ;

D’une injuste fureur qu’il suspende le cours *,

Il y va de son trône , il y va de ses jours.

Il commande, à ces mots, qu’on brise mes entraves , Et me fait ramener par trois de ses esclaves.

CLOVIS

Ses efforts contre moi peuvent se rassembler ;

Il faut d’autres péiils pour me faire trembler :

Du chef des conjurés le glaive a fait justice.

Qu’ils viennent m'en punir et venger son supplice ;

Je les attends.

CLODÉRIC.

Seigneur , ils n’y sauraient manquer.

Rassurés par le nombre , ils vont nous attaquer : Leurs clameurs invoquaient le démon des batailles ; Ils insultaient les Francs , menaçaient vos murailles.

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