CI.OVIS
Clovis sur les remparts vous rendra votre armure , Prince -, je n’attends pas , pour observer nos lois ,
Que vous la méritiez par de nouveaux exploits.
Le passé m’en répond ; et ce revers illustre A votre gloire encore ajoute un nouveau lustre.
CLODKR ic.
L’estime d’un héros me l a fait oublier ,
Et je n’aspire plus qu’à vous justifier.
Je jure par mon père et mes nobles ancêtres ,
A la face des dieux qui punissent les traîtres ,
De ne m’asseoir jamais à la table des rois.
De n avoir pour palais que les champs et les bois ,
De ne poser enfin mon armure guerrière,
Qu’un rival abhorré n’ait mordu la poussière.
Venez ; aux ennemis courons nous présenter.
Un Franc ne leur fait pas l'honneur de les compter. A l’abri d’un rempart , houleux de se défendre,
Il attaque, il défie, et s’indigne d’attendre.
CLOVIS
Quel temps pour un combat choisit votre valeur? Attendez que le jour nous rende sa splendeur.
C’est alors qu’il est beau de triompher du nombre : C’est voler ses lauriers que de vaincre dans l'ombre. Allez, et prenez soin de faire exécuter Les ordres iinportans que je vais vous dicter.
S’il faut venir aux mains , si l’ennemi nous presse, Héristel défendra la porte de Lutèce ,
72 CLOVIS
Gontran celle du fleuve , Hugues celle de Reims.
C’est ici que les Francs oui vaincu les Romains.
Ciuq mille combattans , rangés sous nia bannière ,
Ont ici dans son vol arrêté l’aigle altière.
C’est nous qu’a vus l’Europe, au pied de ces remparts , Porter les derniers coups au trône des Césars;
Et des guerriers sans nom , des phalanges sans gloire , Ne doivent point ici nous ravir la victoire.
Vainqueurs des légions, soyez dignes de vous.
Et que la Gaule apprenne à trembler devant nous.
CLODÉRIC.
Je les attendrai donc ; mais mon impatience Va compter les momens que perdra ma vengeance,