ACTE I, SCÈNE IL i
Auteur de rjJniyers se montre en sou ouvrage ,
Et frappant les esprits de son éternité,
T gravé de son nom Faustère majesté :
Nos dieux s'offrent ans sens ; le sien à la pensée ,
Et dans le fond des coeurs sa loi pure est tracée.
SIGEBBRT.
Par leurs prêtres menteurs es-m déjà séduit^ Mon fils?...
ctoDomc.
Yers leur croyance un penchant me conduit :
Je ne m^en cache pas : si Clotilde chrétienne A du prudent Clovis changé Tàme payenne , L'amour sur mon esprit n'a pas moins de pouvoir; Edelinde
SIOBBEUT.
O péril que j'avais ^ prévoir !
Edelinde te charme au point de méconnaître Tous les dieux de ton père y et Jupiter leur mahre !
GLODORIG.
Edelinde , en mon cœur se £Eiisant écouter , Parle d'un Dieu plus grand que notre Jupitw , Qui de tous les humains a devancé là race , Et que ne peut borner ni le temps ni l'espace.
SIGBBBRT.
Si voisin des autels que ma main fait fumer , Quoi ? ta voix fanatique ose le proclamer !
Crains que des inunorteb la foudre ne t'atteigne.
i6 CLOVIS.
GLODORIC.
Nos dieux d^airain n^ont pas de foudre que je craigne.
Alors qu'à Tolbiac , Clovis allait périr ,
De ceux. que nous servons , qui le vint secourir ?
Le3 horreurs de la mort étaient partout semées :
Il se voua , pour vaincre , au vrai Dieu des armées.
Partout, depuis ce temps, dans la guerre et la paix,
Son royaume affermi s^accrut par les succès.
Le ciel lui setnbla même applanir les obstacles :
Il fit en sa faveur éclater cent miracles.
Ses traités ont soumis par le secours des Saints
L'Armorique soustraite à ses préfets romains.
Les martyrs que TEglise a rendus si célèbres ,
Revêtus de blancheur sous de noires ténèbres ,
Sont venus du tombeau glacer ses ennemis.
De Tours en leur cercueil les pasteurs endormis
Ont paru s'éveiller , ; t les bords de la Loire
Ont entendu leurs voix l'appeler k la gloire.
Toujours où son Dieu marche un prodige l'attend ^
Et celui de Youglé fut le plus éclatant.
SIGEBERT
Est-ce encor de son Dieu la puissance infinie , Qui vient par un revers d'abaisser son génie ? Te souvient-il aussi que nos dieux immortels Ont pt|ni ses enfans ravis à leurs autels , Et que , tous deux frappés d'un sévère anathème , L'eau fatale du Styx les lava du baptême?
Laisse^ laisse aux Chrétiens, amans des visions, La magie étaler ses apparitions.
ACTEI, SCÈJfE II. ,7
J'ai fait par \e grand-prêtre offrir des sacriGces ; Le vol de nos oiseaux ; le flanc de nos génisses , Tout de Cioivis junéfiagpe jun lerime.è redouter j \. \ .; ; Et loin d'ouvrir njos muts^ ilii^yt.l^n écarter.
CLODOtlT*C.
Songez-vous au Ranger de hqurtj^r, sa. puissance?
D'un motif spacieux prévenons sa présence.
Si ses projets sont droits , nous n^aurons nuls 'débats ;* '
S'ils sont pervers, faut-il lui céder sans combats?' ' ^
c;.tîfPiQ.B.iç .( avw emportement)'
Quoi ! vous'pourriéz. Seigneur, ImfèrmanifTosfiiniriiîlki, Répondre iâ Pahîritlé par le ctSite^batailfes? • • | >\ Ah ! cessez d'écouter im «o^y^pço^neux chagrin Aveuglement trompeur où votre âge est enclin.
SIGEBERT
Qu'en tends-je , ô pîelî.Mon fi!s ni'insulter de la sorte! Malheureux r.. . . Aux fureurs ôii ton âme s'emporte', * Juge ueja combien m est funeste LlovisI ^ '^•
Il approché, et du père îî 'séparé le ms'!.'.. *'' ' ' ^- >'» Eh bien! outrage donc d'une bouche insolente Ce front blanchi des ans et cette main tremblante , Et , pour plaire au héros que tu crois généreux , Prends ma place , et sous lui règne, si tu le peux.
GLODOKIC.
Ah ! je tombe k vos pieds !... Par la mort la plus prompte, Mon père, vengez-vous, lavez ma propre honte,
i8 CLOVIS.
, 5IGEB1BRT ( Ze relevant).
Viens plutôt sur ce coeur prêt à te pardonner^
( à son confident ).
Toi , jamais ^ Adelmar, ne laisse soupçonner Ce mouvement si court de mésintelligence Qu a soudain oublié ma facile indulgence ^ De peur que les méchans ne tentent quelque effort Pour troubler de nos cœurs le salutaire accord. Mon fils , je gémirais de te rendre victime D'un tyran implacable, à tes yeux magnanime.
De nos augures saints je vais prendre conseil : Dispose en attendant un superbe appareil , Et si pour ton avis s'expliquent nos oracles , Ma prudence à tes vœux ne mettra plus d'obstacles.
CLODOmC.
Seigneur , dois-je abusant d'un excès de bonté...
SIGBBEKT.
Allons : laissons des Dieux agir la volonté.
Notre vaine raisqn tend parfois à nous niiire : Nous suivons le destin que nous croyons conduire.
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