SCENE III
CLOVIS , AURELLE , sbtgneues francs et soldats.
GLOVIS.
Soldats! que nos drapeaux flottent dans la cité : Révélez par vos dons ma générosité. ^ Que respecté de vous nul habitant ne craigne ; Dans les temples chrétiens que la sainteté règne : Et dites aux guerriers qui marchent sur mes pas , D'aller de cette ville honorer les prélafts.
( ils sortent. )
AUKELLE.
A ce commandement qui frappe mon oreille , J'admire une sagesse en tous les temps pareille , Qui d'abord avec vous alliant les Chrétiens, Chez les rois étrangers vous acquiert des soutiens.
CLOViS.
Demain, de Sigebert les troupes étaient prêtes^ A m'accueillir , ditron , par de pompeuses fêtes. Je suis las de m^oflrir , à travers les chemins , En spectacle aux regards des curieux humains ,
Et d'essuyer du prince ou du sëi^at des villes, Un loDg cours importun de harangues sçrviles« Au vieux roi Sigel)êrt f épargne un, aom flatteur , Et me sauve Tennui d'un éloge menteur.
AURELLE
Cest sur la vérité c[ue Téloge se fonde
En louant un héro» f Véiouikeme^ du monde.
Sigebert , qui me hait, doit parler autrement :
Aurelle, tu connais quel avertissement
Rompit chez Gondebaud ses embûches dressées...
AURELLE
Ainsi que TUnivers j'ignore vos pensées.; Et toujours vos desseins nous frappant de grandeur , A nos j^ixx auentifs cachent leur profondeur. Serait-ce amitié vraie , ou trompeuse apparence , Qui vous fait d'un vieillard excuser l'inconstance , Et-, cédant Edelinde à son fils Clodoric, Joindre à ses biens des bords conquis sur Alaric , Apanage qui suit l^ymen de la princesse , Et peut de son époux enhardir la jeunesse?
A captiver ce prince Edelinde me sert , Et je prétends qu'il serve à perdre Sigebert. Sa flamme dès long-temps par moi-même nourrie , , Des faux dieux en son cœur détruit Tidolàtrie : Son jeune' dé voûment n*attend plus que de moi La main de sa maîtresse et le titre de roi ;