ACTE II, SCÈNE HT. Si
Dès long-temps Sigebert , égaré par la haine ,
 maudit vos lauriers qu'il contemple avec peine :
Tour à tour ses fureurs , pour vous rendre odieux ,
Vous nommaient sacrilège ou superstitieux ;
Il s'indignait surtout que votre main pieuse
Plantât dans nos cités la croix victorieuse.
GLOVIS.
Oui , le Mars des Germains , l'Hercule des Gaulois , Aux pieds de leurs autels courbent encor ces rois Qui languissent plongés dans leurs erreurs grossières , Quand l'œil des peuples s'ouvre -aux naissantes lumières. Tout âge a son esprit : Fart est de diriger L'essor nouveau d'un siècle , et non de le changer.
Du temps que Julien , iqui régna dans Lutèce , Essaya de rouvjrîr l'Olympe de la Grèce , Tout l'empire railla ses prêtres méprisés , Et leurs mensonges vains long-temps divinisés. Le cri de la raison bravant sa politique, Dispersait en débris le Panthéon antique.
L'Orient n'adora que le Dieu que fe sers :
Mais l'Occident aveugle eut mille aiutek divers : Germains, Gaulois , Français , en des bois homicides , Oflraient aux dieux le sang vet^é par leurs druides , Et les Romains vaincus subjiigaatit leurs vainqueurs » Cependant à là foi convertissaient les. coeurs. La France , mon pouvoir , et les zélés s'accrurent : Les rois ne croyaient point ] maiâ les* nations crurent i Et quand je fis payef de la mort d'un soldat Ce calice brisé réclamé d'un prélat , P'un butin disputé je vengeai moins l'offense
3a CLOVI^S. -: j .
Que le ministre saint » flatlé de. ipa vengeance.
Dès-lors , ^ tsa doctrine inTitant le$ esprits ,
Je méditais de loip to.yt çp que j'entrepris.
De la guerre loug-temp$ observai^t le théâtre',
Jopposaî le, refus d'une arasée idolf^re
Au désir des pa^tewa qui m'invQquwent pour e^x ^^
Et n'ôtai pas l'espoir aux payens trop nombreux ;
Du paganisme ainsi les prêtres me vantèrent.
Et dans leurs hj^t^e^^ipjts les; Chrétieas me cbaQlèrent:
Par-la ma repom^e,. objet de leujrs (liscqurs ^
Dç tous mes prompts succès facilita Je cours,
Q^e pej>saient touf les rois? ih bornaient mon exemple,
Le jour qu'aux mui^deRheims }« peuple au sein d'uQ temple
Fut té/noia, qu'uni év;è(]ue, en son 3éy^e accueil,
M^osa dire , « Skatnbre , abaisse ton orgueil. .»
Ils conçurent po^r .moi mille craintes frivqjes
D^un crédit que.rÉgli^.^^çle en ses paroles.
Et dont je m« fitèt^^s ,à consacrer l'erreur
Pour mieux rejnplir la G^ule et ses chefs de tei^rçu^r, '
Depuis ce temp^^^ .rE^rppe;eq tous, ses rois frappée
M'a vu porter ^jwz.eujt la, croix p|u5i, que l'éjpée;
Et de leur secte ^t^n belliqueux zélateur^
Les peilple»' m^irvt t^o^ÇEimé leur, saint libérateur.. -
L'augurai t'K>n d'abprd ? non , Jtaujours, on me nie. :
Lç 9iiccè8,f|u9 i'afinîonce et qu'obtient pon g^nie.
En vain up ^«ç^ bytnen et des» traités «uiyi;» .
Du t^ tsre . d^ b*f feaï<5 QAt préservé ^ Clo vj^s .;
Trois. bataiUeâ en yaîu d'unç trjplç victoire
A mon nom mén^çrafble ont attaché Ja gloire \
Et parce qu un revens , de la Francq (éprouvé ,
Enfle Théodoiic, ^fitki roi qtû m'ait bravé , •