‹ Clovis, tragédie en cinq actes, précédée de considérations historiques;Chapitre 22 sur 67 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Choc fatal que n^a point essuyé ma présence ,

Que le seul Gondebaud subit en mon absence ,

Kt que peut-être môme un si Êiux allié

Hâta par les effets de *quelque inimitié ;

Voilà que des rivauK de ina fottune immense

La baine s'affermit ^ la brigue recommence ,

Que Gondebaud sans moi s'efforce & s'agrandir !

L'imprudent Sigebert l'ose même enhardir L..

Ah ! d'un lion blessé redoutez la colère ,

Trop faibleâ somUprains... je suis né pour la guerre,

AUBELLE.

Us ignorent quels coups, Seigneur vous préparez : L'Europe se taira dès que vous le voudrez :

Bientôt dominant seul...

c L o V I s ( impétueusement).

Il en est temps , Aurelle :

Il faut que sans débats je règne enfin sur elle ; Et je souffre à regret que tant de potentats Divisent sa grandeur en mobiles Etats.

Autrefois réuni , tout l'empire de Rome Occupait l'uiiivers affermi sous un homme ; Et le temps en deux parts à deux chefs le cédant , L'Orient fut à l'un , à l'autre rOfecîiiént.

Les peuples dans la paix , en de vastes provinces , Ne couraient pas sans cesse au joug de nouveaux princes , Et ne s'immolaient pas à des tyrans nombreux, Jusqu'aux jours où des Goths pesa le sceptre affreux. Du Gaulois avili le Bomain fut esclave :

Le Français , leur vainqueur , fier , libre , et sans entrave, Sut mériter son nom^ et mon aïeul enfin

L'illustre Mérovée anoblit son destin.

Je succède à sa gloire : il faut qu en mes partages

Rentrent de mes parens les étroits héritages ,

Et dépouillant les rois, fléaux de leurs voisins^

Qu enrichi de tributs j'étende mes confins.

Tu le sais ; Gonddsaud , roi des bords de la Saône ,

Du Norique à son frère a su ravir le trône :

Au chef de Tltalie il songe à se liguer

Pour affaiblir mon sceptre et pour me subjuguer.

Fol espoir ! tous les deux rendront cûjppte à la France

Du sang dont fut rougi le Rhône et la Durance....

Ma défaite en mon sein allume la fureur.

Contre Théodoric soulevant l'Empereur ,

Aux Alpes je m élance, et veux un jour qu'il tremble

Pressé par l'Orient et l'Occident ensemble.

Anastase à Bysance*arme pour m'appuyer :

La pourpre des Consuls qu'il vient de m'envoyer,

Les noms accoutumés d'Auguste et de Patrice,

Sont garants du traité dont ils couvrent l'indice.

Sigebert , Gondebaud , tomberont les premiers :

Théodoric suivra , malgré tous ses lauriers.

Seul , du trône français j'affermirai la base.

Je n'aurai sous les ci eux de rival... qu'Anastase :

Devant le roi des Huns l'empire chancela ;

S'il m'irrite.... Clovis est plus fier qu'Attila ,

£t son courroux , du monde effrayant la mémoire ,

Peut des rois enchaînés renouveler l'histoire.

ÀUKELLE.

Votre grand avenir à vous seul découvert ^ Doit.... Clodoric s'approche et le roi Sigebert,

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