ACTE II, SCÈNE V
SIGEBERT
O trahison!... eh bien, mon fils ? ta confiance Accuse-t-elle encor ma juste prévoyance ?
GLODOAIG.
Quel mystère d'horreyr se dévoile à mes feuxl
SIGEBERT. . . I
Que t'avais-je prédit ?
Monarque insidieux !
Quoi donc ? à tel excès le trouble vous égare Que votre inimitié désormais se déclare , Et que, de vos traités craignant les cbàtimeQS, Votre aveu m'avertît de vos pressentimens !
Combien à votre cœur dut coûter Tapparence Du caressant aGGueilqu a reçu ma présence!
SIGEBERT
Cessez à vos fureurs de chercher des raisons , Clovis , vos attentats confirment mes soupÇons. Si rien peut ajouter au plus affiieux des crimes , C'est en les immolant de railler «es victimes. Vous n'êtes qu'un barbare •, et vos déguisemens Sont de la cruauté les noirs rafinemens.
Oh! quelle frauduleuse e|; lâche politique Emploie à s'agrandir votre puissance inique ! Naguère on vous voyaft , homicide héros , Conquérir par le glaive et non par les complots ;• Aujourd'hui sans péril Clovis abat les trônes *, Il parait , son abord fait tomber les couronnes ;
4o CLOVIS.
Et courbant sous le joug ses paren? consternés. Ravit leur héritage à leurs fils enchaînés.
La guerre , que du moins peut repousser la guerre , Prête à Tambition un noble caracterre ; Mais , d'une main trompeuse offrir des oliviers Plus hostiles encor que ses sanglaas lauriers 9 Mais , d'une nation désarmer la défense , En proclamant la foi d'une auguste alliance , Mais , en ami des rois , jusques dans leurs palais Porter l'invasion sous le front 4« la paix, Triompher sans victpire et par une imposture , C'est aux pactes humains faire upe atroce injure , C'est d'un vil Géryop , d'un serpent tprtueux , Le replis le plus bas et }e plus monstrueux.
Puisses-tu , Jupiter !. armer quelque autre Alcide Contre ce nouveau n^onstrç à mes yeux plus perfide !
GLOvx^ (^dun ton mystique çt menaçant).
N'invoque point tes dieux.... le seul Dieu que je sers , Le seul 'Dieu de Clotilde, auteur de l'univers, Confond , .en iévélapt ta trame découverte , Tes démons imposteurs qui conjuraient ma perte. Eux seuls t'ont aveuglé dans tes sombres détours ; Lui seul m'éclaire ici les périls que je cours. Victime, un peu plus t^rd, d'un fatal stratagème > Confiant dans ta garde et livré par moi-même ^ Devancé dans ta cour des offres d'un hymep , Ma franchise eût rougi d'un timide examen :
Qu'allais-je devenir , si mon Dieu tutélaire 9 M'envojant du ciel même un avis salutaire , N'eut préservé ma tête , au sein de vos foyers