ACTE III, SCÈNE I
AURELLE
Ils semblaient craindre de s'asservir.....
GLOTIS.
Ecoute : de leur roi le fils peut nous servir : Sans doute Clodoric a percé le mystère Du séjour ténébreux qui recèle son père....
AURELLE
le vous entends.
GLOVIS.
Cest lui qu^il faut interroger.
AURELLE
Son âge est scrupuleux *, et tout me fait juger Qu'à livrer Sigebert il aurait cjuelquc honte : Novice dans les cours ^ la pudeur lé surmonte. L' opinion du peuple , écho vil de Terreur , Touche encor son estime^ il craindrait son horreur.
GLOVIS.
n ne craindra pas moins que ma haine implacable
Ainsi que le vieux roi lui-même ne Taccable.
Les gages valeureux que m'a donnés son bras ,
Ses services passes , Téclat de ses combats ,
Le rang dont le flattait ma faveur peu commune ,
Tout enchaîne à nia cour son zèle et sa fortune.
Que dis-je ? la couronne a pour lui des attraits ;
Son intérêt l'attache à mes seuls intérêts.
Prétend-il que j'élève à la toute-puissance
Un prince , pour me nuire , armé par la vengeance ?
Tai du tràne aisément fait tomber Sigebert; J'en précipiterai son fils , s'il ne le perd. Toutefois , il vaut mieux , apaisant les murmures ^ D^un peuple accusateur confondre les injures , Rendre à ce fils la pourpre^ et me l'assujettir Par des noeuds dont jamais il ne puisse sortir. Tu m'entends ! et du coup s'il ne se rend complice , Mon salut veut qu en lui sa famille périsse.
Il adore Edelînde , esclave de ta loi ^ Il en attend la main , la liberté , de toi :
C'est à toi de lui dire à quel prix Thyménée Pourait couvrir de fleurs sa tète couronnée.
Aurelle , sers ton maître , et reviens lui parler.
( // soH. )