‹ Clovis, tragédie en cinq actes, précédée de considérations historiques;Chapitre 30 sur 67 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

Fidèle k Sigebert , que Ton croit innocent , Chacun lé plaint du cœur , se tait en gémissant : La crainte au lieu d^avei^x n^arracbe que des larmes. On maudit vos guerriers et Taspect de nos armes ; Et Ton parait jouir du trouble véhément Dont Sigebert sauvé vous cause le tourment.

Ils payeront cher leur joie.... Oui , For ou les supplices

De la fuite du roi nous diront les complices.

La haine, qui de tous parait nous séparer,

Se mêle k la surprise , et ne peut pas durer :

Bientôt nous entendrons . ce peuple qui mengce

D^ingénieux motifs excuser notre audace.

Laissons d'abord la peur ébranler les esprits :

Mais, )oin,de s'adoucir^ par le malheur aigris,: . r/

S'ils bravent des tourmçns rapproche i^igoureuse ,

S'ils cherchent des martyrs la gloire douloureuse , ' .

Redoutons cet orgueil, plein de férocité , ,i;m ^

Qui brigue. u^ faux. konneur par la mort acheté.* , ;

Mépriser les bourreaux c'est se rendre invincible :

Le mortel fanatique est le seul inflexible.

Au lieu de la roidir, fais avec art ployer

La constance des coeurs qu'on ne peut effrayer :

Avilis les objets que leur amour révère :

De leur fidélité dégrade la chimère , ,

Et traitant leur vertu de triste aveuglement , •

Sauve-les du péril de leur fier dévoûment. -t

Peins alors ma grandeur , vante mes récompeses 5

A la raison tentée ofFre des espérances :

Par ton crédit surtout, par tes dons séducteurs -5 '» '

44 CLOvrs.

Ennoblis, s'il \e faut i le rang des délateurs. Nos lois font des humains les vertus ou les crimes Leur conscience change au gré de nos maximes.

AURELLK.

Seigneur , avec regret j'ose vous affirmer Qu'ici j'ai vu les mains et les cœurs se fermer. On se rit de la mort, nos dons sont des injures...»

Quoi ? les séduction», les fers , et les tortures , Quoi ? de mes vains édits les publiques rigueurs Ne m'attirent sans fruit que la haine des cœurs !.... Des volonfës encor je ne suis donc pas maître l

▲ URELLB.

Au peuple, aux magistrats , mon zèle a fait connaître

Qu'à vous seul était dû l'honneur de décider

Quel chef à Sigebert va bientôt succéder :

Vous dépeignant orné de plus d'un diadème ,

A ce trône ma voix n'appelait que vous-même

cï^oyis (-impatiemment).

Eh bien !

AriLELLE.

Un froid silence a reçu mes àccens Qu'applaudissaient les mains de vos seuls courtisans. Les chefs , qu'embarrassaient leurs réponses forcées , En des termes prudens mesuraient leurs pensées.

GIfOVIS.

Les lâches !...•

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