ACTE III, SCÈNE I
Fidèle k Sigebert , que Ton croit innocent , Chacun lé plaint du cœur , se tait en gémissant : La crainte au lieu d^avei^x n^arracbe que des larmes. On maudit vos guerriers et Taspect de nos armes ; Et Ton parait jouir du trouble véhément Dont Sigebert sauvé vous cause le tourment.
Ils payeront cher leur joie.... Oui , For ou les supplices
De la fuite du roi nous diront les complices.
La haine, qui de tous parait nous séparer,
Se mêle k la surprise , et ne peut pas durer :
Bientôt nous entendrons . ce peuple qui mengce
D^ingénieux motifs excuser notre audace.
Laissons d'abord la peur ébranler les esprits :
Mais, )oin,de s'adoucir^ par le malheur aigris,: . r/
S'ils bravent des tourmçns rapproche i^igoureuse ,
S'ils cherchent des martyrs la gloire douloureuse , ' .
Redoutons cet orgueil, plein de férocité , ,i;m ^
Qui brigue. u^ faux. konneur par la mort acheté.* , ;
Mépriser les bourreaux c'est se rendre invincible :
Le mortel fanatique est le seul inflexible.
Au lieu de la roidir, fais avec art ployer
La constance des coeurs qu'on ne peut effrayer :
Avilis les objets que leur amour révère :
De leur fidélité dégrade la chimère , ,
Et traitant leur vertu de triste aveuglement , •
Sauve-les du péril de leur fier dévoûment. -t
Peins alors ma grandeur , vante mes récompeses 5
A la raison tentée ofFre des espérances :
Par ton crédit surtout, par tes dons séducteurs -5 '» '
44 CLOvrs.
Ennoblis, s'il \e faut i le rang des délateurs. Nos lois font des humains les vertus ou les crimes Leur conscience change au gré de nos maximes.
AURELLK.
Seigneur , avec regret j'ose vous affirmer Qu'ici j'ai vu les mains et les cœurs se fermer. On se rit de la mort, nos dons sont des injures...»
Quoi ? les séduction», les fers , et les tortures , Quoi ? de mes vains édits les publiques rigueurs Ne m'attirent sans fruit que la haine des cœurs !.... Des volonfës encor je ne suis donc pas maître l
▲ URELLB.
Au peuple, aux magistrats , mon zèle a fait connaître
Qu'à vous seul était dû l'honneur de décider
Quel chef à Sigebert va bientôt succéder :
Vous dépeignant orné de plus d'un diadème ,
A ce trône ma voix n'appelait que vous-même
cï^oyis (-impatiemment).
Eh bien !
AriLELLE.
Un froid silence a reçu mes àccens Qu'applaudissaient les mains de vos seuls courtisans. Les chefs , qu'embarrassaient leurs réponses forcées , En des termes prudens mesuraient leurs pensées.
GIfOVIS.
Les lâches !...•