‹ Clovis, tragédie en cinq actes, précédée de considérations historiques;Chapitre 43 sur 67 · SCÈNE PREMIÈRE. {Ilestnidt · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE. {Ilestnidt

CLODORIC ( sera ).

V oiGi Theure : le ciel est sombre et sans étoiles, La nuit pour te cacher a-t*elle assez de voiles , Mon père ?... On veut ta mort^ et je frémis, hélas! Ou de ne pas entendre ou d^en tendre tes pas. Le cœur troublé d'alarme et d'images funèbres , Tour à tour je crois voir les perfides ténèbres Ou couvrir tes chemins de trop d'obscurités , Ou pour tes surveillans trop pleines de clartés. Un tyran nous poursuit : désormais l'innocence N'aura pour seul abri <|ue l'ombre et le silence , Et les crimes eux seuls , maîtres dans ce séjour , Marcheront en levant leurs têtes au grand jour. Ils vivront sous le dais et ceints du diadème, Dans l'éclat triomphant qui me trompa moi-même. Crédule que je fus ! mon cœur ami des lois

Pensait que rhonneur-seul dut faire les grands rois.

Et je me confiai, dans mon erreur profonde,

Au plus vil des brigands nommes héros du monde l

Insensé ! fallait-il à des bourreaux armes

Livrer ton père, hëlâs! tes sujets opprimés?

Seul , que n'as-tu péri pour ton affreuse idole ,

Sans les exposer tous au fer qui les immole.

Ah! j'en suis trop puni.... Sans doute le soupçon

Teillç autour de ces murs devenu! ma prison :

Ma prison ! Ah , plutôt , si mon père succombe ,

Ces murs couverts de deuil ne sont plus que ma tombe.

Il semble que déjà, noir séjour de regrets,

Régne ici de la mort la tristesse et la paix.

Je n'entends plus les voix qui frappaient ces enceintes;

Mais des vents de la nuit les solitaires plaintes

Qui , pleines de courroux , de momens en momens ,

Conforment leurs soupirs à mes gémissemens.

Ciel ! fais crouler ce^ tours sur de coupables tètes....

Palais de nos aïeux , vos portes sont donc prêtes

A s'ouvrir au tyran qui ndus a dépouillés L

De son nom criminel vos murs seront souillés :

Vou3 verrez effacer les titres de vos maîtres ,

Et tomber les drapeaux conquis par nos ancêtres :

Tous verrez nos sujets inondant votre seuil

Pour flatter nos bourreaux fouler notre cercueil :

Et nous ne serons plus!... Dis-moi pourquoi nous fûmes,

O toi par qui tout change , ô temps qui nous consumes,

Et qui n'a séparé que d'un si court destin

L'heure de Qia naissance et Theure de ma fin!

A quoi âonc en ce monde a servi mon passage ?

Au malheur de ces bords Qt du roi le plus sage ,

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