SCÈNE PREMIÈRE
SIGEBERT, ADELMAR.
SIGEBSRT.
Ami , CIovi's approche ; ouï , l'injuste Clovis Jaloux d'unir mon sceptre à ceux qu'il a ravis , Vient troubler mes États , et , dans Cologne même , Au triste Sigebert ôter le diadème.
AniLMAR.
Écartez un soupçon pour lui si flétrissant :
Au mépris de sa gloire et des liens du sang ,
Pensez-vous que Clovis , dans ses destins prospères ,
Ait à vous envier le trône de vos pères ?
Vous compte-t-il , Seigneur , parmi ses ennemis ?
SIGEBERT
II nomme ainsi les rois qu'il ne s'est pas soumis.
Tyran ambitieux , a-t-il une famille ?
Ses crimes , peu voilés de Téclat dont il brille ,
Ne t'ont-îls pas appris comme ce conquérant
Se rit des titres saints de frère et de parent,
Comme il reconnaît peu les droits des héritages ,
Et renverse à son gré nos antiques usages ?
Cher Adelmar , me puis^je assurer en sa foi ?
S'agi'andir est sa règle et l'intérêt sa loi.
S'il veut sur mon royaume étendre ses limites ,
Nos bornes vainement auront été prescrites :
Par la ruse ou la^ force ébranlant mes soutiens ,
Quelque infâme artifice y rallira les siens ;
Et , prenant contre moi mon peuple pour arbitre ,
Il saura même offrir Tapparence d'un titre.
ADELMÀR.
Par des titres, Seigneur, avec art supposés^ Vos fidèles sujets seraient-ils abusés ?
Abandonneraient-ils leur prince légitime Pour vivre sous un maître avili par un crime ? Lui , ne craindrait-il pas que la ligue des rois D'un souverain trahi ne vengeât tous les droits ? Seigneur , oserait-il , vous dressant un vil piège ?. • .
SIGEBEKT.
Qui montra des autels un mépris sacrilège ,