SCÈNE III
Les mêmes, CLODOWC, AURELLE*
(Ze5 soldats se rapprochent de Clovîs. )
AURELLE
Seigneur , tout est soumis ^ et^ devant vous , Aurelle
De tous vos défenseurs conduit le plus fidelle.
Après le coup hardi qu^il a porté pour vous ,
Il n^est plus de mortels de vos faveurs jaloux
Dont Torgueil enviât la haute récompense
Que doit à son effort votre reconnaissance.
Un tel discours , grand roi , ne vous surprendra pas
Lorsque de Sigehert apprenant le trépas ,
Vous saurez que sa main , vengeant votre querelle ,
iPTa pas même épargné la tête paternelle.
Quentends-jc ?...
CLODO&IC.
{A part, aperce\f(mt EdeUnde ^ que son trouble î avait
empêché de voir en entrant. )
A sa rencontre étais-je préparé ?
Soutiendrai-je Tassant qui va m'être livré ?
GLOVis (jgrai^ement). ^
Dit-il vrai ?
EDELINDE.
ITosez-voiis démentir son langage ?
CLODomc ( dm ton oppressé )• * Je ne puis de ses yeux nier le témoignage.
EDELINDE.
Juste ciel l
ÀUEELLE (^ montrant un fer).
Oui, j'ai vu son père renversé Sous ce même poignard dans ses flancs enfoncé : Vers ce triste spectacle il m'a servi de guide , Et j'ai lieu de louer. . .
EDELINDE ( ui^ec indignation et fureur )•
Un lâche parricide !
Un tigre dégouttant du sang le plus sacré !
Un monstre , de mon cœur désormais abhorré !
Certe , il ne prétend pas que je sois le salaire Du forfait inouï qu'il commit pour vous plaire. Avec moi , s'il fallait , que n'a-t-il su périr ? Tout l'efTroi des malheurs que j'avais à souffrir De ce coup détestable est une excuse vaine ^ Et mon amour se change en éternelle haine.
Plus mon cœur s'aveugla sur sa feinte douceur , Plus il est effrayé de toute sa noirceur.
Quelle épouse oserait entrer au lit terrible De l'homme sans pitié qui d'un œil inflexible D*un père qu'il frappa vit le sang à longs flots Etouffer le reproche et les derniers sanglots y Et sans aucun remords , tranquille après sa rage y