‹ Clovis, tragédie en cinq actes, précédée de considérations historiques;Chapitre 61 sur 67 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CLOVIS, CLODORIC.

( Les gardes entourent Clovis , et se placent aux côtés

de Clodoric. )

Eh quoi donc , Clodoric ? Vous semblez éperdu ! Au service éuiinent que vous m'avez reudu ,

Qui n'aurait pas pense que vous a?i€z un« àme Moins prompte k s'ëmouToir des larmes d*une femme ? La pitié vous saisit ; ou , peutrètre , un remords D'avoir poussé vous-même un père chez les morts. Vous troublez-vous déjà d'un sinistre présage ?

CLODOKIC.

Sa voix m'a rappelé la déplorable image D'un vieillard dont l'amour a chéri mon berceau , Et j'ai cru de son sang revoir le long ruisseau , Ses yeux fermés , sa bouche entr'ouveii|e et flétrie, Exhalant en soupirs les restes de sa vie.

CLOVlS.

Comment ? ignorez-vous que ces tristes tableaux Épouvantent l'esprit des meurtriers nouveaux ? Après avoir commis ce qu'on nomme un grand crime , Tout repentir est lâche et n'a rien qu'on estime.

CLODOmC.

Du repentir amer je ne sens point le fiel.

Qui commanda le meurtre en rendra compte au ciel. Je me crois innocent ; et veux , par mon courage , Racheter ma couronne et mon juste héritage.

CLOViS.

Le désir de régner est donc en vous bien fort , S'il vous rendit facile un parricide effort ?

GLODOniC.

J'ai lieu de m'étonner si votre cœur s'étonne Qu'un forfait coûte peu pour s'acquérir un trône.

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