SCÈNE V
Les MEMES 9 GELIMER I TROIS Députés d'Etat, gardes,
GÉLIMER
Sur le destin public les grands sQnt effrayés \ Et devant vous , Seigneur , ils nous ont envoyés , Trop inquiets de voir des mains mal assurées Rassembler de l'État les rênes égarées.
Sîgebert n est plus roi : c'est à vous de nommer Quel digne successeur nous devons proclamer.
Si le ciel en sa place aujourd'hui vous couronne...
cLovis ( tfu/i ton solennel).
Mklheur à qui se rend l'usurpateur d'un trône ! Je ne ravirai point , par votre élection , Un sceptre héréditaire en votre nation.
La justice à mon cœur en ôterait l'en vie.
Sachez que maintenant Sîgebert e$t sans vie.
GÉLIMER
Il est mort ! ,
Clodorîc est son juste héritier :
( Ai^ec T accent de la justice indignée, ) Mais prendrez- VOUS un roi qui fut son meurtrier , Et dont le front , marqué du sceau de l'anathême , Mérite un coup du glaive , et non un diadème ?
CLODOEIG.
Tyran ! voilà le prix que tu m'aurais gardé , Si de ma main un père eût été poignardé.
Apprends qu^il s^immola pour éviter ta rage ; Et voulant jusqu'à toi me réouvrir un passage , D'un sang pur et sacré je m'annonçai couvert, Pour venger par ta mort la mort de Sigebert.
J'espérais sur sa tombe assurer ton supplice. Ce trésor dont l'appât flattait ton avarice , De mon piège tendu fut une amorce encor \ Ma vengeance •- tyran ! était mon seul trésor. Mais puisqu à tes soldats je ti'ai pu te soustraire , Reçois ici le coup que te doit ma colère.
Holà , gardes !....
( Les gardes se jettent sur Clodoric et le désarment. )
Au loin traînez un imposteur , De la mort de son père abomiTiable auteur.
CLODORIC ( entraîné par les soldats ) .
O ciel ! laisseras*-tu , me livrant sans défense , Sous l'opprobre du crime accabler l'innocence ?
Soyez sourd à ses cris... frappez cet assassin Dont la rage aspirait à me percer le sein.
( A Gélîmer et aux députés. ) Vous , allez au conseil , où votre loi réside , Dire comment Clovis punit un parricide.