ACTE lî, SCÈNE T. aS
Nous a montré la roule , et ne permettra pas Qu'un transport imprudent te conduise au trépas. De nos cœurs innocens la ruse est ignorée; Mais ces lieux sont encor pleins des leçons d'Atrée. Devant l'infâme Ègyste il faut nous présenter , Du bruit de ton trépas un moment le flatter. Et remettre en ses mains cette urne , cette épée Qui doivent endormir sa prudence trompée.
ORESTE
Non , moi seul au tyran je me présenterai.
PILADE
Eh! que lui diras-tu?
ORESTE
Rien, je l'immolerai.
(Montrant un poignard. )
Il mourra sous ce fer que du fils de Tliyesle Ma mère avait reçu dans une nîiit funeste , Sous ce fer, instrument d'un courroux éternel , Que Strophus me remit, teint du sang paternel.
PILADE
Cette nuit je te venge, et le crime s'expie.
ORESTE
Ma sœur est dans les fers...; tarder serait iiijpic.
PILADE
Comment frapper li^gysle ici sans le tromper ?
ORESTE
Comment le voir, Pilad<; , et ne pas le frapper ?
PILADE
Ton père fut surpris dans des pièges faiièbres , Marchons à la vengeance, entourés de ténèbres*
ORESTE
Assez de noirs complots ont souillé ce séjour. Qu'on y meure une fois à la clarté du jour !
PILADE
Ah ! crains de rendre, ami, la victoire incertaine; Ta valeur a déjà triomphé de Plysthène j Souffre que ma prudence assure le dessein Qui doit tromper Egyste et lui percer le sein. Electre celte nuit verra briser ses chaînes. J'ai pris soin de cacher sous les roches prochaines Ces amis dévoués , ces soldats matelots , Echappés comme nous à la fureur des flots. Par le bruit de la mort à nos desseins propice , Aveuglons l'assassin au bord du précipice ; Et forçons Erinnis à cacher ses flambeaux Jusqu'à Theure où, sortant de la nuit des tombeaux. Le vengeur, enflammé d'un courroux légitmie, Apparaîtra terrible aux yeux de la victime. Cède aux vœux de Pilade.... Entre nous concerté, INotre projet ainsi dut être exécuté; Pourquoi, ne prenant plus que tes fiu'eurs pour guides. Veux-tu, malgré mes soins
ORESTE
Demande aux Euménides !