ACTE II, SCÈNE I. aS
De leur courroux vengeur , en naissant surchargé , De spectres poursuivi , de terreurs assiégé ; Banui depuis quinze ans de la terre natale , Rendu par un orage au palais de Tantale , Je prolonge sans fruit, et sous leurs mains courbé, Une lutte où ma race a toujours succombé.
PILADE
Pour les fléchir, ami, nous quittons la Phocide.
ORESTE
Un ascendant fatal m'entraîne au parricide ; J'en crois les noirs transports allumés dans mon sein. Ma mère.r..! on l'a prédit , j'en serai l'assassin î Je traîne en frémissant la chaîne héréditaire Des forfaits dont Pélops a souillé cette terre. Mes aïeux m'ont transmis le crime avec leur sang; Peut-on être leur fils et rester innocent ? Si déjà tant de fois ma raison s'est perdue , Si les dieux ont nommé la victime attendue. Et, proclamant partoutleurs décrets pleins d'horreur, A l'appui de l'oracle ont montré ma fureur , Pepses-tu que trompant leur empire. . . .
PILADE
il Silence :
Vers ces lieux à pas lents une esclave s'avance.
ORESTE
Ses yeux versent des pleurs; Pilade, elle a gémi.
PILADE
Derrière ce tombeau retirons-nous , ami.