SCÈNE II
ÉGYSTE, CLYTEMNESTRE.
Non, je ne verrai plus cette fête abhorrée!
ÉGYSTE.
N'avez-vous pas choisi de Thyeste ou d'Atrée? Sachons sur le passé régler notre avenir. Et n'avertissons pas les dieux de nous punir.
CLYTEMNESTKK ,
J'ai pai un noir forfait comblé ton espérance! Qu'y nianqiie-t-i! encor?
ÉGYSTE.
Plus de persévérance.
Quoi ! mes enfans proscrits, mon époux massacré,
Electre s'enfu yant dans ce tombeau sacré ,
Ton front du roi des rois portant le diadème.
Nos nœuds, plus criminels que le meurtre lui-même.
Cette fête, ces jeux, ce funèbre banquet,
Tous les temples d'Argos ouverts à mon forfait!
Barbare , prétends-tu que des preuves plus grandes
T'assurent....
ÉGYSTE.
De vos mains on attend les offrandes.
Une fête si chère à mes ressentimens Doit-elle se passer en vains gémissemens? Vers l'autel préparé marchez, à mon exemple ; En cherchant ce tombeau vous vous trompez de temple ; Suivez mes pas , séchez ces pleurs capricieux , Madame; c'est assez d'une Electre en ces lieux. Le deuil est défendu , la joie est nécessaire A ce jour, de nos nœuds sanglant anniversaire; Et ma haine a besoin de chercher aux autels Des complices sacrés parmi les immortels. Un crime m'a du trône assuré la conquête : Voilons ce crime heureux des pompes d'une fête; Plaçons , pour mieux tromper des sujets odieux , Le meurtre solennel sous la garde des dieux.