ACTE I , SCÈNE I
Mon père acceptera ces dons de l'indigence ,
Mes pleurs.. .Toujours des pleurs,et j amais la vengeance!
Ah ! c'est trop se soumettre à des affronts si grands...
Oreste, as-tu cessé de haïr nos tyrans?
Loin d'Argos , loin de moi qui te retient encore ?
Ma voix , mon cœur, mes fers , toute Electre t'implore .
C'est toi, toi que j'appelle , à toi que j'ai recours ;
J'attends de toi pitié, vengeance, appui , secours.
Viens, mon frère, parais dans cette cour horrible,
Que tes pas soient sanglans, ta présence terrible ,
Et que d'un sceptre impie Égyste dépouillé
Lave de tout son sang le lieu qu'il a souillé.
Mais je l'entends.... Bravant la tombe redoutée,
Il poursuit de sa joie Electre épouvantée,
Et, profané par lui, l'asile du trépas
De mes persécuteurs ne me sépare pas.
( Elle entre dans le bois sacre. )