SCÈNE III
ELECTRE , seule.
Dieux d'Atride immolé , venez venger sa cendre , Mais détournez de nous l'oracle de Cassandre. Et loi, triste habitant de ce sombre séjour, Objet cher et sacré, viens, viens, voici ton jourj Frappe, combats pour nous, rassure mes alarmes, Viens, accepte le sang que l'ont promis mes larmes. Délivre les enfans du dieu qui les poursuit. Cette nuit est semblable à l'effroyable nuit Où , par des cris de mort , Electre réveillée Du sang du roi des rois vit ta couche souillée ! Qu'Egyste en ce palais, d'où nous fûmes proscrits. Trouve la même mort, pousse les mêmes cris j Que le palais , le temple , Argos en retentisse , Qu'il IroiJ^e à ce tombeau l'autel de la justice.... Mais les airs sont frappés de lugubres clameurs ; Est-ce Egysle , est-ce toi , cher Oresle, qui meurs ? Ma mère s'offre-l-elle à ton glaive homicide ? Pour punir un forfait faut-il un parricide ? Tous mes sens.... dieux! c'est elle....