SCÈNE V
CLYTEMNESTRE ëchevelée , ELECTRE.
Exécrable séjour!
Nuit que doit remplacer un plus sinistre jour l Tombeau qui repoussais l'offrande illégitime, J'amène à ton autel la seconde victime !
ELECTRE
Egyste est mort...
Mon sein.. ., mes bras de sang couverts... C'est la fête du meurtre et la nuit des enfers. Là mon premier époux m'a déjà condamnée ; Là gémit l'ombre en pleurs d'Erope empoisonnée ; Thyeste y vient chercher l'effroyable repas : On y rencontre un crime , un spectre à chaque pas; Et mon fils, couronnant tant de forfait impies , Traîne toute sa race aux autels des furies ! Il foule aux pieds les morts sur sa route entassés , Ses bras sont teints de sang , ses cheveux hérissés ; INémésis d'aiguillons presse son cœur farouche ! Des poisons dévorans bouillonnent sur sa bouche ;
Seconde édition. O
Je l'ai vu, je l'ai vu , par la rage égaré. Rouvrir le sein fumant d'Egyste massacré. J'appelais à genoux son glaive sur sa mère. c( On nous attend tous deux au tombeau de mon père, » M'a-t-il dit. C'est à lui d'absoudre ou de punir. » Voici l'heure où son ombre à l'autel doit venir. «
Grands dieux
ELECTRE
Je viens m'y rendre.
Ah ! fuyez sa colère ; Il en croirait le spectre, il vous tuerait, ma mère î
Et qu'a donc ce trépas qui doive te troubler ? N'es-tu pas dans ces lieux pour me voir immoler?
ELECTRE
Moi
Tes vœux j réveillant la colère céleste , lSf'aitendaient,n'invoquaient,nerespiraientqu'Oreste; Tu remplissais Argus de révolte et d'effroi ; Tu n'avais point assez de larmes contre moi; Tu veillais dans la tombe à côté d'une cendre , Comme pour empêcher mes remords d'y descendre. El, plus qu'Agamemnon t'armant contre mes jours, Entre so^ ombre et moi je te trouvais toujours.