‹ Clytemnestre, tragédie en cinq actesChapitre 53 sur 53 · ACTE V, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIL

Une fête en l'honneur d'un liorrible hyménée , Une femme aux autels par ses cheveux traînée, Qui me demandait grâce , et sur qui ma fureur... Du sang que cette main... Ciel! regarde, ma sœur.

ELECTRE

O dieux î

ORESTE

Quel est ce sang?

PILADE

Fuis loin de cette tombe.

ORESTE

La terre tremble et fuit... La foudre éclate et tombe.

ELECTRE

De cet affreux séjour, Oreste, éloigne-toi.

ORESTE

Dieux! la nuit des enfers se lève autour de moi ;

Dans cette nuit immense où mon regard se plonge ,

De tourmens en tourmens l'abîme se prolonge.

Et son horreur présente à mon œil satisfait

Une patrie enfin digne de mon forfait.

Pour contempler les traits de leur nouveau complice.

Quelles ombres en foule ont quitté leur supplice !

Pélops, Tantale, Atrée, à mes regards offerts....

Ma race n'a servi qu'à peupler les enfers.... !

Mais quoi. .. ! des pâles sœurs que me veut la colère..?

L'une agite dans l'air.... la tête de ma mère;

gg CLYTEMNESTRE,

Sous cet horrible objet l'autre enchaîne mes pas, Et me couvre d'un sang qui ne s'ëpuise pas. Cachez, fleuves d'enfer, ma tête cnmmelle .

Sisyphe, écrase-moi sous ta roche éternelle.

Filles de Danaùs, cédez-moi vos tourmens :

Oreste peut suftire à tous les châtnnens. . . .

Vous m'avez vu tenir la promesse terrible;

J'ai de tant de forfaits fermé le cercle horrible ;

J'ai frappé, j'ai rempli mes destins odieux....

Quel crime faut-il donc pour désarmer les dieux .

Page 1