SCENE IX
COGO-RICGO, L O XJ I S ^
Bon jour la belle dont mon cœur a fait choix.
ibis.)
LOUISE
Ail! monsieur le génie ^je vous demande grâce.
Moi, un génie? vous rêvez, Louise, je ne suis rien moins qu'un génie.
Air : Guillot un jour trouva Lisette.
Vous me prenez pour un génie , Mais en honneur je suis trop gros , De rire vous avez envie Et c'est vraiment mal-à-propos,
LOUISE
Votre épaisseur vous contrarie^ Mais , mon cher monsieur , je conçois Dans le monde plus d'un génie , Qui n'est ma foi pas moins épais.
11 n'y a même qu'un génie qui puisse être d'une taille aussi gigantesque.
CGC O-R I C G O.
Gigantesque. Ah! mon Dieu, ne dites donc pasjles choses comme ça , comment vous ne me reconnoissez pas , je suis un peu engraissé depuis hier, j'en conviens, mais je n'en suis pas moins votre amant, et depuis que je vous ai vu, mon amour ne fait qu'augmenter.
LOUISE
Vous me faites peur.(à;?«n.) j'ai peine à m'empêcher de rire,
c o c O-R I C CO.
Elle ne me reconnoît pas ?
LOUISE
C'est la première fois que je vous vois.
Peut-on mentir comme ça, et hier soir à souper , est-ce que je n'étois pas auprès de vous.
LOUISE
Hier à souper, si je ne me trompe , j'étois auprès d'un garçon assez mince, d'une figure bête.
Eh beu , c'étoit moi. Est-ce que je sliis changé.
LOUISE-
En effet vous avez quelque chose de ce portrait-la , mai$ vous êtes beaucoup plus gros.
V A XJ D E V I L L E. h^
GOCO-RICGO.
Pour me nommer , cliantons-lui le cauplet en question ^ ça la touchera peut-être»
Laissez-moi sortir , monsieur le démon !
Là, je suis un démon, à présent; encore un coup, Louiss^ je ne suis pas plus un démon qu'un génie. Ecoutez-moi* Air : // éioU un oiseau gris^
Je suis le fils de Ricco
On connoît dans ce hameau
Coco-îlicco !
Je suis depuis mon berceau
Aimez , la belle, il le faut^
En épousant Coco-Ricco >
En épousant Coco-Ricco,
Vous serez madame
LOUISE
Pi, monsieur, que c'est vilain , d'emprunter lè nom de Pépoti^s qu'on me destine, pour vous faire aimer. Mais cette rusô est mal adroite ; car je vous atteste que M. Coco-Ricco n^a pas le don de me plaire, qu'il vous suffit de prendre son nom. pour me devenir odieux.
C'est bon ,mamselle, quand Je serai désenflé, fé me «ou* viendrai de cela.
LOUISE
Comme il vous plaira , monsieur.
COCG-RICCO.
Me v'Ià ben accueilli pour un jour de uôce; Air : Fidèle époux,
5ur mon honneur , monsieur , je tremble Quand je nie vois auprès de vous, Et nous difïérons trop ensemble Pour (juç vous soyez mou ^poux j
Si l'esprit grandit à mesure Que le corps profite et grossit ; Pour moi , chétive créiiture , Vous aurez cent fois plus d'esprit.
GOCO-RlCCQi
Ah ! peut-on dire ça !
s'il faut , la belle , qu'on vous prouve Le contraire de vos discours, L'étourdissement que j'éprouve , Doit vous convaincre pour toujours ; En grossissant je deviens bète , Et je me souviens qu'on m'a dit Que souvent une grosse tète Renfermoit un petit esprit»
LOUISE
Ce que vous dites-là prouve bien que...