Code civil et pénal du judaïsme
La legislation d'Israel, laissee jusqu'a present dans l'obscurite, ou plutot sur laquelle on n'a repandu que de fausses lumieres, est plus ancienne que celle de Lycurgue; Dieu l'a revelee a Moi'se qui l'a transmise aux Israelites, et ceux-ci l'ont conservee, dans sesgrandeslignes, jusqu'a nos jours.
Tous les autres peuples, ne considerant leurs legislations respectives que comme de simples institutions conventionnelles, abolissent ou modifient leurs lois, suivant les exigences et l'esprit du temps ou du lieu ; les Juifs, au contraire, con-
siderent leurs lois civiles et penales comme autant d'articles de foi et les gardent intactes a travers les siecles.
En vain leur a-t-on propose, a plusieurs reprises, de se defaire de quelques-unes de leurs moeurs surannees et de leurs coutumes incompatibles avecl'esprit moderne; en vain la tyrannie de quelques barbares a-t-elle fait subir a ces malheureux les martyres les plus cruels et les tourments les plus infames, pour les detacher, par la force, de quelques-unes de leurs observances : rien n'y a fait ; leur reponse restait invariablement la meme : « Sint ut sunt aut non sint. »
C'est par suite de cet attachement inviolable a leurs anciennes institutions, que ni le rapprochement, ni les relations suivies, qui ont deja opere la fusion de tant de nations, n'ont jamais pu rompre les barrieres qui separent et separeront toujours les juifs de tous les autres peuples. II n'y a plus de Pyrenees, mais le Talmud vit encore et il vivra tant qu'il y aura des juifs ou plutot il y aura des juifs tant qu'il vivra.
Cette legislation, n'eut-elle d'autre merite que son anciennete, serait deja digne que nous lui portions toute notre attention; mais elle a un
autre merite plus precieux encore, c' est d' avoir ete etudiee et discutee par Notre-Seigneur, lors de sa presence au temple'. Ce n'est done pas la simple curiosite qui nous fait desirer connaitre les lois juives; elles ont pour nous un interet tout particulier, ayant touche de pres a la vie du Sauveur.
Malgre leur haute importance, ces lois nous sont presque inconnues. Les rabbins entouraient de tout temps leur code des mysteres d'Eleusis, n'en traduisant plus qu'ils ne jugeaient necessaire pour faire l'apologie du judaisme ; tandis que les savants chretiens, reculant devant les nombreuses difhcultes que presente la traduction de l'original a cause de sa terminologie presque indechiffrable, se sont
I) V. Evang. S. Luc, II, 46 et 47- - Cf. S. Justin, Cohort, ad Grac., 35 : '<> wO GsoO iwipxuv X6 Y os, etc.; id., Coni. Triph., Dial. 22 : 'E Y *<xXoOi«v o3v 'IouBaion «uto, |ri) voiiiaai 0e6v, etc. ; id., Apol, II, 9 = K »' ™ ,M itfi« owtoO 'iWou XiXexw, etc.; Tatien, On;/. 22; Theophile d'Antioche, 4i ^h*., 1. I, 4! S. Meliton de Sardes, Chron. Pasch., ad aim. 164; Lactance, Instit., 1. IV, c. vm;Origene, Cok*. C^., I. IV, 15 : '° M ' vocto; @eb? ).6yo;, etc.
toujours contentes de consulter les ouvrages pubhes pardes juifs ou des juifs convertis : ouvrages tres suspects les uns commc les autres. Les juifs ne songent a autre chose qu'a faire le panegyriquede leur religion, et les convertis, dont la haine contre leurs anciens coreligionnaires est connue, n'avisent qu'aux moyens de denigrerla religion qu'ils ont reniee et de la rendre ridicule et odieuse.
Aussi jamais ouvrage ne fut-il si diversement apprecie que le code juif. Void, prises entre mille autres, deux appreciations diametralement opposees, dont il sera facile de deviner celle du juif etcelledu juifconverti :
C est le vade-mecum par excellence de la pitti et de la sagesse ; ses lecons sont admirables, ses maximes delicieuses. On y voit continuellement la simplicite succeder a l'ingeniosite, la douceur a la severite, la clemence a la justice et l'agreable a l'utile. C'est un parterre dont la variete des fleurs ne fait qn'en augmenter le charme l .
C'est une ceuvre de superstition et d'ignorance, c'est un immense fatras de reminiscences confuses des lois mosaiques, ou l'odieux se mele sans cesse an ridicule et qui inspire a tout homme de sens autant de mepris qne de colerc; c'est une fange impure ou se trouvent a peine egarees quelques idees saines 8 .
1) Docteur Grate, Geschichtc des judischen Volhes, Band