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II est aise de voir a quelle erreur s'exposent ceux qui, au lieu de travailler sur les originaux memes, ne consultent que les ouvrages d'apologie ou de polemique, aussi partiaux les uns que les autres .
Telles sont les considerations qui m'ont determine a entreprendre une traduction complete des lois civiles et penales du judaisme. Les traites des lois mosai'ques sont nombreux. Le plus ancien est celui de « Mishna » (iv c siecle av. J.- C);viennent ensuite les deux Talmuds, celui de Jerusalem (i er siecle av. J.-C. jusqu'au i cr siecle ap. J.-C.) et celui de Babylone (commence au i" siecle av. J.-C. et termine au V siecle ap. J.-C), les divers traites des « Gueonim »' (du vii e jusqu'au xi° siecle ap. J.-C), le fameux compendium de « Moses Maimonide » (1135- 1204), le manuel de « Jacob ben Ashere »
(1261-1340), et finalement le traite de « Joseph Qaro »(i422-i523), redige avec la collaboration de « Moses Ysserles » (1457-1490) et intitule « Shoulkhan-'Aroukh ». Chacun de ces traites a
1) IINJ, titre donne aux cilebres docteurs juifs de Soura et Poumbeditha, en Babylonie, de 684 jusqu'a
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classe les matures d'une maniere differente. J'ai adoptela classification du « Shoulkhan- 'Aroukh » qui est la plus pratique, mais qui est loin d'etre parfaite; j'ai du changer les « Simanim » et « Seiphim » et intervertir l'ordre des « Halakhoth » classees arbitrairement dans l'original.
C'esten 1886 que j'ai commence cetouvrage, et j'etais loin de mesurer, des le debut, l'etenduede ma tache; plus j'avancais, plus le travail devenait penible, plus les difficultes surgissaient. II m'a fallu parcourir des centaines de volumes et compulser autant d'anciens manuscrits 1 ; la traduction des textes presentait d'enormes difficultes et la mise en ordre des materiaux prepares n'etait guere moins penible. Apres une annee d'un travail assidu, je m'apercus que j'avais a peine fait la dixieme partie de l'ouvrage.
Decourage par tant d'obstacles qui me parais-
1) Je tiens a rendre hommage a l'extreme obligeance de mon cher et docte ami, Mgr. Charles Parcic, camerier secret de S. S. Leon XIII, qui a bien voulu me faciliter ma tache, en m'aidant de ses conseils eclaires et en mettant gracieusement a ma disposition tous les manuscrits de la Bibliotheque du Vatican dont j'avais besoin. Je lui en rends mille graces.
saient insurmontables, ct desesperant de jamais mener a bonne finune entreprise que je croyais au-dessus de mes forces, j'etais deja sur le point d'abandonner completement mon projet, quand unelettre de SonAltesse Imperialele Tsarevitch, aujourd'hui Sa Majeste l'Empereur Nicolas II, vint me decider a continuer mon travail ; en voici la traduction :
« Monsieur,
« Son Altesse Imperiale le Tsarevitch Nicolas Alexandrovitch a recu la premiere partie de votre tres interessante traduction du Code civil et penal du judaTsme et a daigne me charger de vous en exprimer ses felicitations et ses remerciements.
« Son Altesse Imperiale souhaite vivement que vous puissiez mener a bonne fin l'ouvrage commence dont l'utilite est incontestable. Votre travail n'aura pas seulement le merite de devoiler une legislation presque inconnue, mais elle contribuera aussi dans une large mesure aux etudes de. l'exegese et de l'archeologie biblique.
« L'figlise, et surtout l'Eglise orthodoxe, s'etaitlongtempsopposee a approuverles traductions d'ouvrages heretiques, et c'est tres proba-
blement a cause de cette opposition ecclesiastique que le code juif n'a jamais ete traduit . ,
« Veuillez agreer, etc.
« General Prince Danilovitch
« aide de camp de Sa Majeste l'Empereur. »
Sjiiit-Pitcrsbourg, 30 decembre 1887.
Stimule par la lettre de Son Altesse Imperiale, je resolus de continuer mon travail.
La route parcourue n'etait pas seulement herissee d epines et d'ecueils, elle etait aussi entouree de pieges et couverte de vestiges trompeurs ; je crois les avoir vus et evites; je crois qu'apres dix ans d'un travail obstine il m'est enfin permis de soumettre mon livre au jugement des savants.
Daignez done, illustre Mecene, accepter 1'hommage d'un livre qui ne saurait avoir de plus grands merites que d'etre approuve par Votre Excellence dont j'ai Thonneur de me dire le tres humble et tout devoue serviteur.
Janvier 1896.
De Pavly.
ABRfiVIATIONS
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