TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE PREMIER
sur la nature et les attributs de Dieu ; l'enseignement qu'il doit donner à tous indistinctement se borne à deux points :
D'abord il leur apprend à ne pas prononcer légèrement le nom de Dieu ; il associe étroitement dans leur esprit à l'idée de la Cause première et de l'Etre parfait un sentiment de respect et de vénération ; et il habitue chacun d'eux à environner du même respect cette notion de Dieu, alors même qu'elle se présenterait à lui sous des formes différentes de celles de sa propre religion.
Ensuite, et sans s'occuper des prescriptions spéciales aux diverses communions, l'instituteur s'attache à faire comprendre et sentir à l'enfant que le premier hommage qu'il doit à la divinité c'est l'obéissance aux lois de Dieu telles que les lui révèlent sa conscience et sa raison.
COURS SUPÉRIEUR
Entretiens, lectures, exercices pratiques, comme dans les deux cours précédents. Celui-ci comprend de plus, en une série régulière de leçons dont le nombre et l'ordre pourront varier, un enseignement élémentaire de la morale en général et plus particulièrement de la Morale sociale, d'après le programme ci-après.
/» La famille.
Devoirs des parents et des enfants : devoirs réciproques des maîtres et des serviteurs
2° La société.
Nécessité et bienfaits de la société. La justice, condition de toute société. La sohdarité, la fraternité humaine.
Applications et développements de l'idée de justice: respect de la vie et de la liberté humaine, respect de la propriété, respect de la parole donnée, respect de l'honneur et de la réputation d'autrui, respect des opinions et des croyances, La probité, l'équité, la délicatesse.
Applications et développements de l'idée de charité ou de fraternité. Ses divers degrés, devoirs de bienveillance, de re-
connaissance, de tolérance, de clémence, etc, Le dévouement, forme suprême de la charité : montrer qu'il peut trouver place dans la vie de tous les jours.
3° La patrie.
Ce que l'homme doit à la patrie : l'obéissance aux lois, le service mihtaire, disciphne, dévouement, fidélité au drapeau. — L'impôt (condamnation de toute fraude envers l'Etat). — Le vote (il est moralement obligatoire, il doit être libre, consciencieux, désintéressé, éclairé). — Droits qui correspondent à ces devoirs : liberté individuelle, liberté de conscience, liberté du travail, liberté d'association. Garantie de la sécurité, de la vie et des biens de tous. La souveraineté nationale. Explication de la devise républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité.
Dans chacun de ces chapitres du cours de morale sociale, on fera remarquer à l'élève, sans entrer dans des discussions métaphysiques :
1° La différence entre le devoir et l'intérêt, même lorsqu'ils semblent se confondre, c'est-à-dire le caractère impératif et désintéressé du devoir ;
2° La distinction entre la loi écrite et la loi morale : l'une fixe un minimum de prescriptions que la société impose à tous ses membres sous des peines déterminées ; l'autre impose à chacun dans le secret de sa conscience un devoir que nul ne le contraint à remplir, mais auquel il ne peut faillir sans se sentir coupable envers lui-même et envers Dieu.