AVANT-PROPOS
%t k» êeiences, qui fcniles ptoolament un principe unique, eaiise miv^selle de» être«, raltaoliiaient leurs ayatèmes \ ce même principe^ si, eoBscquentes les unes avec les autres et surtout avec dles-mêmes, elles nç considéraient Pexpérienee que comme une boussole qui doit les dirig^er vers ee but unique » qui est le port auquel doivent tendre tous leurs travaux^ alors, marcbant de concert et se prêtant «n fraternel secours sur Focéan qui nous sépare de la vérité » elles pourraient mutuellement se signaler les éeudSs contre lesquels «Ues se briseront toujours en voulant mardi» isolées.
lia seienoe, aujourd'hui, ne se base que sur des faits, noqs dit-on*, la science est aujoinrd'hui positive, c'est-à-dire in&Illi- Ue : p<mr coordonner les fiiits, on adopte une bypothèse , et toute hypothèse doit être reçue comme vraie. Malheur k quiconque oserait mettre en dente le fruit d^une imaginatimi savante ! Il se rendrait coupable du crime de lèze bcm sens^ et, livré sans être entendu à U tevture du mépris dont les dmni-^vants sont les exé« CHteuav^péft) on ne lui fevait ^âoe que )Msqu-à deux genoux il aiyrait fait amende honorable sur l'évangile ^e l'école.
£t cependant , les sciences positives de nos jours , unies lors-« qu'il £giut détruire, sont ennemies lorsqu'il s'agit de créer ^ pour les anéantir, il suffirait de les opposer emtr'elles. L'une prétende! prouve mathématiquement que la terre se refroidit tous les jours ^ l'autre soutient et prouve mathématiquement que la température
h'-'iS303
de notre çlobe ne peut varier ', celle-ci prouve, avec le thermomètre , que la terre a pour noyau une force impondérable ^ celle-' la prouve , avec la balance de Torsion , que le noyau de cette même terre, eu ég^ard a sa pesanteur, doit être plus dense que tous les métaux connus ^ et toutes ces assertions , fondées sur Pinfaillibilité des x et des y^ sont reçues pour vraies par les enthousiastes, qui n^ont pas la sagacité de voir que ces systèmes se contrarient. — Bravant l'anathême, soutenu par une volonté forte, résultat d^une conviction profonde, je viens planter mon drapeau au milieu des bannières flottantes des hypothèses. Sur ce drapeau sera inscrit : Tout vient de rien.
Cette cause première et unique , à laquelle doivent se rattacher toutes les sciences, je l'ai cherchée et je Tai étudiée, non pas dans le silence du cabinet , non pas dans les livres romanesques des voyageurs , mais partout ou , nouveau Protée , elle change de formes sans cesser d'être elle-même. C'est penché sur le cratère que j'ai étudié le volcan^ c'est en balayant la neige séculaire du pic de la montagne , que j'ai étudié le granit primitif*, puis , rattachant à une cause unique les effets qu'on appelle opposés lorsquVn les considère isolément , je suis parvenu enfin à satisfaire ma raison , et à combler le vide inquiétant que laisse toujours après elle l'étude des sciences positives , qui , de leur aveu , flottent encore sur l'océan houleux des conjectures.
Loin de moi l'idée d'élever un panthéon scientifique ! Lors même que je posséderais l'universalité des connaissances humaines, je sais qu'une vie d'homme ne pourrait suffire a coordonner la première assise de cet édifice gigantesque. Ma seule prétention est de signaler la base granitique sur laquelle il doit être fondé ^ heureux si cet essai , fruit de longues méditations et de voyages pénibles , après avoir été compris par les savants qui cherchent de bonne foi la vérité , peut , comme un phare tutélaire , leur signaler le port qu'ils ne pouvaient apercevoir, enveloppé qu'il« était dans les brouillards de l'incertitude.