TITRE II
ÉTAVLfSSEMENrS THEtlMAÙX MILITAIRES.
L'envoi, Vadmission et le traitement des militaires danâ le^ établissements d'eaux thermales sont l'objet des mstractions minin^ërieUes du 6 mars 1857 et du 18 mars 186â, dont les dispositions rapprochées coraprennent, quant à présent, toute la réglementation, ainsi que le régime des eatrx minérales naturelles mises à la disposition des militaires de Tarraée de terre et du personnel admis dans les hôpitaux thermaux.
Ces instructions, dont les éléments fondamentaux ont été fournis par le Conseil de santé, guideront sûrement, dans leurs décisions et dans leur pratique les médecins militaires appelés à s'occuper ai>nuellement de l'exfimen préalable et du traitement des militaires auxquels la médication thermale peut faire espérer une amélioration dans la santé*
La première partie, exclusivement technique et scientifique, se compose de données précises sur l'emploi des eatix rtiinérales, sur la spécialité de leur action dans le traitement des différentes maladies i-étmies( ew groupes, correspondant à la composition basique de chaque source : elle est terminée par tm programme assigné aux médecins traitants, pour la rédaction de rapports annuels destinés à faire ressortir avec une certitude de plus en plus rigoureuse la valeur dés effets immédiats et consécutifs des diverses eaux minérales.
La deuxième partie, purement réglementaire, développe la série des dispositions administratives combinées pour assurer Ift visite, la mise en route, l'installation, le traitement et l'examen consécutif des malades soumis à ]a médication thermale.
g i*'. — Des propriétés générales et particulières des eaux niioéraleg niiturelles
et de leur emploi.
Les eaux sur lesquelles peuvent être dirigés les militaires malades sont : les eaux de mer, et, dans Tintérieur de la France, les sources thermales de Bourbonne-Ies-Bains (Haute-Marne) ; de Baréges (Hautes-Pyrénées) ; de Bourbon- TArchambault et de Vichy (Allier), ouverts en i843; d'Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales), ouvert en i854 ; de Plombières (Vosges), ouvert en 1862; en Corsé, celles de Onagno; en Algérie^ celle d'Hamman-Meskoutin et d'HammâU-Rira;
Aux termes de la décision du 30 décembre i 840, le Ministre de là guerre peut autoriser spécialement l'envoi de militaires malades à d'autres sources d'eaux minérales naturelles. Les indications générales et spéciales suivantes, aidées de l'étude des propriétés particulières dé ces eaux, suffiront pour guider les officiers de santé, si des cas exceptionnels les appelaient à les prescrire.
I. Conditions à remplir pour être envoyé aux eaux. — L'envoi près des
sources d'eaux minérales des militaires atteints de certaines maladies ou infirmités est impérieusement subordonné aux conditions suivanles :
i* Que l'affection ou l'infirmité soit de la nature de celles que les eaux minérales 'naturelles près desquelles il s'agit de l'envoyer peuvent soulager ou guérir ;
S® Que les moyens ordinaires de traitement aient été employés contre cette affection pendant un temps suffisant et sans succès ;
3* Que les eaux minérales artificielles, dont la préparation est indiquée aa Formulaire des hôpitaux militaires, aioit été mises en usage, avec des résultats susceptibles de laire présumer que les eaux naturelles seront plus favorables et plus efficaces.
Ces conditions doivent être constatées lors de la visite des militaires désignés pour l'envoi aux eaux et mentionnées spécialement sur les étals de propositions dressés à cet effets ainsi que sur les certificats individuels remis à ces militaires lors de leur départ pour les eaux.
* II. Proffriéiès générales des eaux minérales naturelles et indications générales de leur emploi, — Toutes les eaux minérales naturelles, y compris les eaux de mer, employées en thérapeutique, et qui jouissent d'une efficacité constatée dans le traitement des maladies, sont plus ou moins stimulantes.
L'énergie de leur action sur Toi^anisme est généralement en rapport avec la nature et l'abondance des principes minéralisateurs qu'elles contiennent, et avec l'élévation de leur température.
Prises en bains, &i douches, en boisson, elles accélérait presque toujours b circulation, provoquent une activité plus ou moins notable des fonctions digestives, et rendent plus abondantes les sécrétions de la peau^ des reins, du foie ou du canal intestinal.
Quelques-unes ne jouissent que de propriétés stimulantes générales, dont les effets s'étendent à l'ensemble de l'économie vivante, et que l'art localise, ou rend plus actives sur certaines parties, par les différents modes d'administration qu*il met ai usage.
D'autres eaux minérales, indépendamment de la stimulation générale qu'elles déterminent, toujours à des degrés variables, exercent une action spéciale, en quelque sorte élective sur certains appareils organiques, tels que te tissu catané, le tube digestif, le foie, les voies urinaires, etc.
En résumé, la puissance curât ive des eaux minérales naturelles résulte des modifications plus ou moins profondes qu'elles déterminent dans l'exercice des principales fonctions, et très-souvent aussi d'une impression directemeot exercée sur les tissus auxquels on les applique. Mais il importe de ne jamais oublier que cette action, soit générale, soit locale, se rapporte toujours à une stimulation plus ou moins active.
L'expérience clinique justifie complètement les inductions déduites de l'analyse des eaux., de la connaissance de leur composition et de l'observation des phénomènes ph3rsiologique3 produits par leur emploi. Cette expérience démontre chaque jour que les eaux minérales sont général<anent et surtout utiles aux sujets afibiblis par de longues ma adies ou par des douleurs prolongées, peu irritables, devoius languissants ou anémiques, et chei lesquels il n'existe aucun foyer d'inflammation firanche plus ou moins aiguë.
Cas où eUei sont généralement intUiles,
En général, les eaux minérales natarelles sont impuissantes contre les inûriiiités résultant de la perte de certaines parties, on de Torgapisation définitive de tissQS nouveaux 9 cicatriciels, ainsi que : les ankyloses complètes produites par la fusion ou l'adhérence intime des surfaces articulaires, les claudications résultant de raccourcissement des os à la suite des fractures, les extensions ou flexions permanentes des membres^ avec cicatrices étendues, profondes et adhérentes, à la suite de pertes de substance considérables, aux muscles, aux tendons et aux ligaments, les paralysies déterminées par des plaies ou des déchirures opérées dans les centres nerveux et cicatrisées ; tous ces désordres matériels, de leur nature irrémédiables, ne sauraient être guéris, ni même "* modifiés favorablement par le traitement des eaux minérales naturelles, non plus que par les autres agents plus énergiques que la médecine peut mettre en usage.
Ca$ ou elles sont généralement nuisibles.
Par confirmation de ce qui précède^ les eaux minérales naturelles, à raison de leurs propriétés stimulantes, sont ou peuvent être nuisibles en proportion du degré des dispositions chez les personnes sanguines, pléthoriques, irritables ou douées d'une excitabilité nerveuse prononcée.
Elles ne doivent pas être prescrites aux malades atteints d'affections organiques du cœur ou des gros vaisseaux, disposés aux hémoptysies^ ou sujets à des étourdissements et disposés aux congestions cérébrales.
Elles aggravent l'état des individus chez lesquels existent des inflammations sanguines, aiguës, quels que soient le siège et l'intensité de ces affections. Dans les maladies qui indiquent le mieux leur usage, il faut que les organes affectés, sur lesquels doit spécialement s'exercer leur action, ne présentent plus de signes de l'inflammation qui a précédé.
Dans les engorgements, les amaigrissements [et autres états analogues des membres, à la suite de fractures, il est absolument indispensable, pour que i'usage des eaux minérales naturelles ne devienne pas nuisible, que les consolidations soient complètes et le travail organique du cal parfaitement éteint.
Les eaux ne doivent pas être, en générai, ordonnées à la suite des fractures sans qu'une année révolue se soit écoulée depuis Tacci dent. Cependant les médecins des hôpitaux et des corps de troupes sont autorisés à proposer pour les établissements thermaux des hommes atteints de fractures récentes (de six Q^ois à un an), lorsque tout traitement consécutif à l'application des appareils est épuisée et que la nature des accidents fait prévoir que les eaux seraient aitérieurement nécessaires.
La même règle est applicable aux cicatrices des parties molles qui doivent ue plus présenter de traces d'inflammation, ainsi qu'aux suites d'entorses ou de luxations, eu égard aux parties articulaires, dans lesquelles il ne doit plus exister ni chaleur, ni douleur au toucher, ni rougeur active.
Dans les rhumatismes articulaires, les eaux thermales ne conviennent qu'aux époques les plus reculées possibles de l'état aigu.
Enfin l'expérience a fait connaître que les eaux minérales naturelles sont, non-seulement impuissantes, mais presque toujours nuisibles, contre les affections syphilitiques secondaires ou tertiaires, et contre celles qui sont actuelle-
ment compliqaées, oa encore entretenues par le principe vénérien. On ne conseiller, avec espoir fondé de saooès, l'nsage des eaux minérales qne lorsque la syphilis a complètement disparu, et qu'il s'agit non plus de combattre une action persistante, mais bioi de> remédier aœt ftâcdtat» dé cette action, devenii^ parfaitement indépendants de leur cause.
III. PfoinHe'tês spéciales des eaux minérales natureUes ; indications iam où chacune déciles peut être favorable, inutile ou nuisible.— Dsm les notices qui suivent, on a réunî les eaui minérales dont les propriétés curatites $onl très-analogues, en réservant toutefois Findicatîoti des cas plus spéeiaax qui peuvent exister.
Eau de mer. — Température variable suivant la chaleur atflQbOspbériqoe. f ardeur du soleil et répaisseur de la coucha d'eau, mais généralement de i3' à i(i° à un kilomètre du rivage, pendvit les mois de juillet, août, septeoibrt. Principes minéralisateurs trèa-abondanta, constitués, en outre du chlorure ik sodium qui les domine tous, par : des chlorures de magnésium et de câlciuoi. des sulfates de magnésie et de chaux ; enfin, par de la potasse, de Tiode et ilii brome.
On pense que la potasse et l'iode y sont combinés à l'état d'îodure de pota.^ sium, et le brtVme à celui de bromure de magnésium.
L'eau de mer est plus chargée de sds dans l'Ooéan que dans la Méditernoée.
i • Considérations générales sur Vemploi de Veau de mer.
L'eau de mer est par excellence une eau minérale saline froide, que la mW et les proportions de ses principes minéralisateurs rendent très-active.
A rintérieur, e'ie est purgative et tonique ; on ne doit la prescrh-e gna^»^ l'éserve.
A l'extérieur, sous forme de bains, celle qui est le plus généralement employée . elle agit à raison : f * de la température ; 2* de Ta pression et de la fcussion qu'elle exerce ; 3* de l'absorption des sels qui s'y trouvent dissoos
En ce qui concerne la température, les bains de mer modifiant l'organi^s" à la manière des bains froids ordinaires, avec un degré d'énergie de plus, dépendant de la densité de l'eau. Ils fortifient indirectement par les réôeli4* qu'ils provoquent. Pour qu'ils soient fiavorables, il fiaut que ces réactions puissent avoir lieu.
Le bain de mer est nuisible et peut devenir mortel toutes les fois que la ^' bilité est portée assez loin pour que le malade, au lieu de se réchauffer. re«i' sous le coup du refroidissement et de la concentration vitale déterminée d'ah»*^ par l'immersion.
La durée du bain de mer doit être d'autant plus abrégée que la i5ûble«s<» rfî malade est plus grande, la réaction plus faible et plus passagère.
Afin de prévenir ou de dissiper, si elle avait commencé à se prodoire. ■' congestion sanguine que l'immersion du corps dans la mer détermine Rivent vers la tète, il est nècess;iire de plonger cette partie dans l'eau ou de fc»:» sur elle pendant et après le bain, des affusions plus ou moms répétées.
Relativement à la pression et à la percussion exercées sur le corps, ces '*' lions rt%ultaftt de la densité de f eau de la mer et du choc des vagues ; sar ^ rivages ouverts les bains sont plus énergiques et plus efficaces que djns '■* ports et dans des anses fermées.
Enfin, dans le rapport dé l'absorption, les ^Is que côfktlent l'ean de taf'
introduits dans Técoilomie' virdnte, contribuent jfi^issshnnfïént, par leur àcdoii stimalante et tonkft^ fl M production des effets «urafifs qu'on eu attend.
Il e^t Mlê dé mddifiet ces XfoiÉ éléments de la; médieMioff mariliitie selon i'état dessttjefs on lèis intdicaftions que présentent les maladies.
Ainsi \û température peut être élevée depuis 30* jusqu'à 32% et alors le bain de Feau de mei" a beaucoup d'analogie avec celui des autres eaux minéraies salines thermales.
La i^etaa^m est aàaiÉlée dans le bain domestique ou rendre plus foHo piar le jet artificiel de l'eau ou par la douche.
L'action des sels et la stimulation de la peau peuvent être affaiblie» en coupaat Teaii de la mer, en certaines proportions, avec de l'eau ordinaire.
L'atmosphère maritime parait exercer quelque influence favoralde sur l<to maladies contre lesquriles FeAu de mer est préconisée, et cet élément de la médicatioa par l'eau de mer doit être pris en considération.
2^ Cas ou Veau de mer est utile.
1" À ïintérieulr. Elle produit de bons effets dans les cas suivants :
A. Prédominance lymphatique primitive ou accidentelle ;
B. Affections scrofiileuses diverses ;