‹ Code gourmandChapitre 26 sur 47 · DES OFFICIEUX · texte numérisé non relu

DES OFFICIEUX

« Acceptez, je vous en prie, Mon^ sieur. — Restez servi, "Monsieur; et vous repoussez doucement l’assiette que vous présente le voisin à figure moutone. — Non, je ne souffrirai pas.

— Merci, on me sert. — Je vous en supplie. » Et pour en finir , vous placez devant vous ce potage, que tant de cérémonie n’a servi qu’à refroidir.

A chaque mets, ce sont les mêmes prévenances. Il vous accablera de politesses et d’attentions. Si vous vous

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versez du vin, il saisit la carafe et vous inonde d’un air vainqueur. Vous avez d’excellent tabac : il vous en offrira de détestable vingt fois en une heure.

Pour vous éplucher une orange , il tachera votre habit. Quand on versera le café , il va glisser trois morceaux de sucre dans votre tasse. Ayez le malheur défaire une plaisanterie délieate, de laisser échapper un bon mot, il le répétera à haute voix, en l’estropiant et en lui ôtant tout son sel. Somme toute, rien n’est plus fatigant qu’un officieux; mieux vaudrait, je crois, un butor.

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