DES MALADROITS ET MAL-APPRIS
Un monsieur est à coté de vous à table ; en vous versant à boire, il répand sur la nappe une portion du vin qu’il destinait à votre verre; s’il étend son bras pour prendre
l’assiette qu’on lui offre , il culbute en chemin la poivrière, dont le contenu s’élève en un poudreux nuage que vos poumons et votre larynx ne tardent pas à recueillir ; son couteau appuyé avec force sur la jointure d’une aile de volaille , projette en s’échappant tout d’un coup une fusée de jus qui vient dorer votre cravate ; il reprend son opération et fait circuler une assiette de débris hachés et meurtris ; enfin , en se levant au premier toast , il renverse une bouteille de Champagne , d’où s’échappe un torrent écumeux qui s’écoule sur votre serviette ; qu’un pareil maladroit ne reparaisse jamais à votre table; vos amis la déserteraient bientôt.
Enveloppez dans la même proscription votre autre voisin qui par-dessus votre assiette passe sa tabatière au premier, et menace ainsi votre potage d’épices inconnues au Cuisinier Royal ; qui interrompt à tout moment les dames ; élève la voix «à chaque phrase: blâme sans réserve les mets ou les vins, et frappe violemment les bords de son
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verre h Champagne avec la paume de la main. C’est un mal-appris digne au plus de dîner à l’office.